Je suis à refaire ! Un vrai gâchis !! Le genre de personnes qui constitue une véritable entrave à l’évolution humaine. Si Noé devait reconstituer un monde, il commencerait par me mettre de côté et choisirait dans ce qui reste. Pourquoi ?!
J’ai un sérieux problème de dos qui remonte à ma plus tendre, mais néanmoins mouvementée, enfance, quand j’ai dévalé les escaliers pieds nus alors que le sol était mouillé. Après avoir accompli un triple salto piqué, que personne n’a eu la présence d’esprit de filmer, je suis tombée assez rudement sur le dos. Les radios ont montré une curiosité scientifique en bas du dos, une déviation bizarroïde de la colonne vertébrale.
En sortant de mon école, quand j’avais 7 ans, un taxi m’a roulé sur la jambe.
Résultat des courses ? Fracture de la cheville, plâtre pendant 4 mois. Bon j’avoue que c’était quand même un sacrifice qui en valait le coup, vu tout l’intérêt qu’on m’a porté après cet accident.
J’étais la Che Guevara de mon école. La fille qui avait donné de son corps pour l’Humanité ! Ben oui, c’est quand même grâce à moi qu’il existe depuis un passage piéton devant cette école. Un jour, peut-être que j’aurais droit à une inscription gravée dans le marbre : « Ici, l’Orchidée s’est faite renverser par un vulgaire taxi, que son souvenir reste à jamais gravé dans nos mémoires ».
En jouant avec mon frangin à qui attrape l’autre, j’ai sauté du lit et me suis cassée le bras.
Bilan : 3 semaines de plâtre, quelques baffes, des fessées et une punition exemplaire pour mon frangin qui ont rapidement séché mes larmes. Là aussi, ça valait bien le coup !
Bon là, ça se corse…
Je ne peux pas rester longtemps debout sinon je m’évanouis. La médecine explique ça par une chute de tension lors de la position verticale due à un problème d’équilibre. Entre temps, va expliquer ça à toute une file d’attente à la Poste ou aux Telecom. Le moustachu qui sait pas aligner deux mots sans dire un gros mot préférerait me voir crever plutôt que me laisser passer devant lui.
Je vois des tâches volantes marron. Au bout d’un mois j’ai décidé d’aller voir un médecin et là… Devinez ce que le toubib a dit ? Qu’il n’a jamais vu ça chez une personne de mon age !
Déchirure rétinienne qui a failli se transformer en décollement de rétine (où je rappelle qu’on risque de perdre la vue). Intervention au laser. Tout va bien mais je continue à voir des mouches. C’est facile à vivre quand on n’y fait pas attention mais aliénant quand je me mets à y penser et à essayer de suivre les mouches (chose que j’essaie de ne jamais faire quand je suis au volant ou avec des gens. Il y a quand même des limites à ma folie, là personne ne comprendrait).
J’ai une douleur qui rappelle celle d’une douleur cardiaque sauf que… c’est à droite. J’ai été consulter un médecin (pas le même pour pas éveiller de soupçons) lui assurant que mon cœur est à droite. Bien entendu, il n’a pas trouvé l’origine de cette douleur mais voyant à quel point j’y croyais, il a vérifié que mon coeur était bien à gauche (ce dont je doute encore).
J’ai un problème avec ma dent de sagesse, ce qui peut arriver à tout le monde, sauf que la mienne pousse vers le coté au lieu de pousser vers le haut et nous fait un remake de la colonisation israélienne sur la pauvre dent d’à coté. Bien entendu que j’ai été chez le dentiste pour l’enlever.
Résultat des radios : impossible de l’enlever même par acte chirurgical car Madame la dent de sagesse et Monsieur le nerf entretiennent une étroite liaison et me menacent de paralysie faciale si je tente de les séparer. Bon ben, je souffre, mais c’est quand même pour la bonne cause, ma bouche est le foyer d’une jolie histoire d’amour.
J’ai un problème de circulation sanguine. Oui, j’ai été voir un toubib. Paraît que je dois porter des bas de contention à vie, vous savez le genre de bas que même ma grand mère trouve anti sex! Pas question de porter ça et de mettre fin à mon sex appeal !
J’ai une allergie qui s’est déclenchée à un moment de ma vie où j’étais particulièrement stressée.
Les symptômes ? Rien de bien méchant : je gonfle comme un ballon de baudruche, mon corps se couvre de plaques rouges qui grattent de partout.
Un allergologue ? Bien sûr ! J’ai même été en voir deux.
Résultat ? Prends des corticoïdes, du magnésium, arrête de stresser (comme si j’aimais ça moi être stressée) et ne mange plus ni thon ni fraises … ni chocolat ! Pour ça, il peut toujours courir !
Et pour clôturer le Top Santé magazine, une allergie aux yeux vient subitement d’apparaître. Picotements, gonflement et irritation ! Pfff, j’ai connu pire!
Et avec tout ça, je vous rassure, je ne coûte pas un sou à l’état : je n’ai pas d’assurance!
25 juin 2006
07 juin 2006
Bouche à oreille
C’est quand même une gentille fille cette Selima. Non, franchement, moi je l’aime beaucoup.
Tu sais, ça n’a pas toujours été facile pour elle. Enfin, je veux dire… la Nature l’a pas trop gâtée. Elle a été adoptée à l’age d’un mois. Jamila, sa mère adoptive, ne pouvait pas avoir d’enfants ; d’ailleurs elle était à l’époque au bord du divorce tellement son mari désirait fructifier sa semence et elle a essayé toutes les méthodes avant de se résigner à l’adoption, je t’en parlerais une autre fois.
Ah oui? Tu ne le savais pas ? Bon…tu sais maintenant.
Bref, ils ont consulté des centres d’adoption, et on leur a refilé cette petite fille, toute menue. Il paraît qu’à l’époque, Jamila avait été profondément touchée par ce petit bout de bébé aussi fragile que de la porcelaine. Elle avait crié « c’est celle là que je veux ».
Bon, connaissant Jamila et son intuition féminine, je ne m’étonne pas qu’il se soit avéré par la suite que la gosse avait des difficultés psychomotrices assez graves.
Ah, tu ne le savais pas ? Ben…Maintenant, tu sais.
Enfin, voila c’était plus un fardeau qu’autre chose.
Avec le QI d’une huître, elle avait plus de profs particuliers que de matières. Et puis, c’était quand même la plus grosse arnaque du siècle cette mioche. Jamila a dépensé des sommes colossales pour combattre son obésité morbide à coup d’interventions chirurgicales et de régimes soi disant révolutionnaires. Il paraît que les médecins la considèrent comme une curiosité scientifique.
Ah bon? Tu ne le savais pas ? Bon…ben maintenant, tu le sais.
Non et puis, les gens sont tellement méchants. Aller parler d’elle, par ci par là. Je veux dire, en quoi sa vie les intéresse ? Moi je m’en fous des gens, je vis ma vie tranquillement et je ne parle jamais des autres. Mais bon, c’est pas pareil, moi je suis très ouverte d’esprit, j’ai pas la même mentalité c’est sûrement parce que j’ai beaucoup voyagé.
Bref, Selima a du faire face aux ragots, aux rumeurs et aux médisances. Surtout après son mariage avec un noir, contre la volonté de ses parents.
Oui !!! Un noir ! Franchement, quelle idée d’aller épouser un noir ! A-t-on idée ! C’est un type qui venait de je ne sais quel pays d’Afrique, la Somalie ou le Tchad sûrement. Enfin, tu vois quoi… des gens pas comme nous.
Ne me dis pas que tu ne le savais pas ? Tu vivais dans un trou où quoi ?
Moi, j’ai été au mariage, je ne te raconte pas l’ambiance. Jamila ne savait pas où se mettre. Et puis, la délégation de la BAD était dans un coin, au fond de la salle. Non, c’était désolant, vraiment. Une si gentille fille, quel gâchis.
Je racontais ça à une copine la dernière fois, elle m’a dit qu’elle avait entendu dire que Selima aurait couché avec ce type et qu’elle se serait retrouvée enceinte. Ça explique le mariage précipité.
C’est une fille qui mérite beaucoup de compassion. Moi, je n’arrête pas de le dire à tout le monde. Arrêtez de parler d’elle et laissez là faire sa vie tranquillement. Mais, voilà, les tunisiens adorent raconter des choses sur les autres. C’est terrible. Moi, au moins, je ne parle pas des autres.
Bon, je dois te laisser, j’ai rendez vous avec Najoua. Il paraît que sa voisine Fatma a surpris Hédi, son mari, dans un café avec une jeune fille. J’ai hâte de connaître les détails.
Tu sais, ça n’a pas toujours été facile pour elle. Enfin, je veux dire… la Nature l’a pas trop gâtée. Elle a été adoptée à l’age d’un mois. Jamila, sa mère adoptive, ne pouvait pas avoir d’enfants ; d’ailleurs elle était à l’époque au bord du divorce tellement son mari désirait fructifier sa semence et elle a essayé toutes les méthodes avant de se résigner à l’adoption, je t’en parlerais une autre fois.
Ah oui? Tu ne le savais pas ? Bon…tu sais maintenant.
Bref, ils ont consulté des centres d’adoption, et on leur a refilé cette petite fille, toute menue. Il paraît qu’à l’époque, Jamila avait été profondément touchée par ce petit bout de bébé aussi fragile que de la porcelaine. Elle avait crié « c’est celle là que je veux ».
Bon, connaissant Jamila et son intuition féminine, je ne m’étonne pas qu’il se soit avéré par la suite que la gosse avait des difficultés psychomotrices assez graves.
Ah, tu ne le savais pas ? Ben…Maintenant, tu sais.
Enfin, voila c’était plus un fardeau qu’autre chose.
Avec le QI d’une huître, elle avait plus de profs particuliers que de matières. Et puis, c’était quand même la plus grosse arnaque du siècle cette mioche. Jamila a dépensé des sommes colossales pour combattre son obésité morbide à coup d’interventions chirurgicales et de régimes soi disant révolutionnaires. Il paraît que les médecins la considèrent comme une curiosité scientifique.
Ah bon? Tu ne le savais pas ? Bon…ben maintenant, tu le sais.
Non et puis, les gens sont tellement méchants. Aller parler d’elle, par ci par là. Je veux dire, en quoi sa vie les intéresse ? Moi je m’en fous des gens, je vis ma vie tranquillement et je ne parle jamais des autres. Mais bon, c’est pas pareil, moi je suis très ouverte d’esprit, j’ai pas la même mentalité c’est sûrement parce que j’ai beaucoup voyagé.
Bref, Selima a du faire face aux ragots, aux rumeurs et aux médisances. Surtout après son mariage avec un noir, contre la volonté de ses parents.
Oui !!! Un noir ! Franchement, quelle idée d’aller épouser un noir ! A-t-on idée ! C’est un type qui venait de je ne sais quel pays d’Afrique, la Somalie ou le Tchad sûrement. Enfin, tu vois quoi… des gens pas comme nous.
Ne me dis pas que tu ne le savais pas ? Tu vivais dans un trou où quoi ?
Moi, j’ai été au mariage, je ne te raconte pas l’ambiance. Jamila ne savait pas où se mettre. Et puis, la délégation de la BAD était dans un coin, au fond de la salle. Non, c’était désolant, vraiment. Une si gentille fille, quel gâchis.
Je racontais ça à une copine la dernière fois, elle m’a dit qu’elle avait entendu dire que Selima aurait couché avec ce type et qu’elle se serait retrouvée enceinte. Ça explique le mariage précipité.
C’est une fille qui mérite beaucoup de compassion. Moi, je n’arrête pas de le dire à tout le monde. Arrêtez de parler d’elle et laissez là faire sa vie tranquillement. Mais, voilà, les tunisiens adorent raconter des choses sur les autres. C’est terrible. Moi, au moins, je ne parle pas des autres.
Bon, je dois te laisser, j’ai rendez vous avec Najoua. Il paraît que sa voisine Fatma a surpris Hédi, son mari, dans un café avec une jeune fille. J’ai hâte de connaître les détails.
28 mai 2006
Charabia politique
- « Monsieur S., nous vous écoutons. Vous avez 1 minute 30 pour nous exposer votre programme électoral».
- « Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, bonjour.
Les fluctuations socio économiques que connaît actuellement notre pays ont pour conséquence l’impérative nécessité de mettre en place des mesures de protection visant a une restructuration sociale dans laquelle chacun de vous pourra trouver sa dignité.
La volonté farouche de sortir notre pays de la crise oblige à la prise en compte plus effective d’un plan correspondant aux exigences et aspirations de chacun.
La conjoncture actuelle de notre pays doit nous amener au choix impératif des redistributions budgétaires et à la révision du statut précaire des exclus qui doit s’intégrer à la finalisation globale d’un projet porteur d’espoirs.
Je reste fondamentalement persuadé de l’effort prioritaire qui doit être porté à répondre à vos préoccupations quotidiennes afin d’amener notre cher pays à vivre dans un avenir s’orientant vers plus de progrès et de justice.
L’effort doit être porté à la lutte contre l’aggravation des hétérogénéités et des inégalités due aux discriminations afin de mettre fin aux disparités, entre autres salariales, qui touchent notre société
Nous devons, mes chers compatriotes, regarder l’avenir à travers le même œil, celui du progrès et de l’égalité sociale.
Dans cette optique, des solutions rapides correspondant aux grands axes sociaux prioritaires doivent être mises en place afin de combattre les effets massifs de cette crise : le développement du chômage et de la précarité, la baisse du pouvoir d’achat, la restriction de possibilités déjà limitées d’ascension sociale, l’extension de la vulnérabilité et de l’exclusion.
Nous devons instaurer ensemble une politique active ancrée dans les institutions de notre modèle social qui promeut l’indemnisation des populations les plus touchés par la crise afin de garantir des minima sociaux permettant à chacun de vivre de manière décente.
J’ai l’ultime conviction que la situation d’exclusion que certains d’entre vous connaissent peut être combattue avec un programme plus humain, plus juste et plus novateur.
Nous devons aller vers l'adoption de législations concrètes combinant l'impératif de souplesse économique avec celui de protection des groupes vulnérables qui constituent les piliers de notre société pluraliste.
Vos préoccupations sont les miennes et mes priorités sont les vôtres. Mon programme est clair et par les simples mesures que je viens d’énoncer, je suis le plus apte à répondre à toutes les questions que vous vous posez ».
- « Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, bonjour.
Les fluctuations socio économiques que connaît actuellement notre pays ont pour conséquence l’impérative nécessité de mettre en place des mesures de protection visant a une restructuration sociale dans laquelle chacun de vous pourra trouver sa dignité.
La volonté farouche de sortir notre pays de la crise oblige à la prise en compte plus effective d’un plan correspondant aux exigences et aspirations de chacun.
La conjoncture actuelle de notre pays doit nous amener au choix impératif des redistributions budgétaires et à la révision du statut précaire des exclus qui doit s’intégrer à la finalisation globale d’un projet porteur d’espoirs.
Je reste fondamentalement persuadé de l’effort prioritaire qui doit être porté à répondre à vos préoccupations quotidiennes afin d’amener notre cher pays à vivre dans un avenir s’orientant vers plus de progrès et de justice.
L’effort doit être porté à la lutte contre l’aggravation des hétérogénéités et des inégalités due aux discriminations afin de mettre fin aux disparités, entre autres salariales, qui touchent notre société
Nous devons, mes chers compatriotes, regarder l’avenir à travers le même œil, celui du progrès et de l’égalité sociale.
Dans cette optique, des solutions rapides correspondant aux grands axes sociaux prioritaires doivent être mises en place afin de combattre les effets massifs de cette crise : le développement du chômage et de la précarité, la baisse du pouvoir d’achat, la restriction de possibilités déjà limitées d’ascension sociale, l’extension de la vulnérabilité et de l’exclusion.
Nous devons instaurer ensemble une politique active ancrée dans les institutions de notre modèle social qui promeut l’indemnisation des populations les plus touchés par la crise afin de garantir des minima sociaux permettant à chacun de vivre de manière décente.
J’ai l’ultime conviction que la situation d’exclusion que certains d’entre vous connaissent peut être combattue avec un programme plus humain, plus juste et plus novateur.
Nous devons aller vers l'adoption de législations concrètes combinant l'impératif de souplesse économique avec celui de protection des groupes vulnérables qui constituent les piliers de notre société pluraliste.
Vos préoccupations sont les miennes et mes priorités sont les vôtres. Mon programme est clair et par les simples mesures que je viens d’énoncer, je suis le plus apte à répondre à toutes les questions que vous vous posez ».
22 mai 2006
Zohra, echawefa
Madame Naziha, cocue, descendit difficilement de son coupé cabriolet et se dirigea vers le N°53, de la rue de l’Amiral R. Elle déchiffra l’inscription suivante :
Cabinet de Mme Zohra L.
Voyante
Zohra echawefa était un personnage sorti tout droit d’un épisode de X-Files.
Ses dons surnaturels lui permettaient de prédire votre avenir sur trois générations et dans les moindres détails jusqu’à la couleur du string de vos arrières petit enfants pour leur nuit de noces.
La visite débutait par un diagnostic sur votre situation passée, actuelle et future.
Vous n’aviez jamais à lui exposer pourquoi vous étiez là, elle le savait mieux que vous.
Ses rayons X lisaient en vous comme dans un livre ouvert dont elle maîtrisait parfaitement la langue.
Pire, elle sondait votre âme, elle mettait à nu vos vices cachés, toutes vos perversions les plus inavouables, tous ces maudits événements que vous aviez avec grand peine réussi à refouler, tous ces pêchés qui vous faisaient penser honteusement que vous tueriez la personne qui viendrait à les découvrir un jour.
Elle n’avait pas de honte à vous regarder dans le fond des yeux et à vous dire le plus simplement du monde : « arrête tes pratiques sado maso », « les partouses ne sont plus de ton âge », « la zoophilie te tuera ».
Quand vous entriez chez elle, vous laissiez aux vestiaires votre manteau tout autant que votre intimité, votre vie ne vous appartenait plus et au vu de son incommensurable réputation, le jeu avait l’air d’en valoir la chandelle.
Elle vous proposait parfois quelques remèdes miracle pour retrouver un amour perdu, conjurer le mauvais sort ou mettre fin à l’Envie et la Jalousie dont vous étiez sans nul doute victimes.
Car pour elle, tout le monde enviait tout le monde. Vous serez toujours le gentil poursuivi par les forces du mal qui n’en d’yeux que pour votre Renault super 5 cabossée et votre travail routinier d’employé de bureau dans une institution étatique.
Les rituels vaudous, les prières du Vatican, les incantations divines ne représentaient rien devant une recette magique concoctée par ses propres soins. C’était l’univers entier qui se plaçait dans la conjoncture qu’elle souhaitait. Elle était une divinité sur terre.
Zohra était unique en son genre, c’était ça sa force.
Elle ne lisait pas dans le marc d’un café turc que vous deviez boire cul sec.
Elle ne faisait pas des lignes et des courbes sinueuses de votre main une carte de votre vie.
Elle ne vous proposait pas une partie de cartes en affirmant que vous étiez ensorcelée à la vue d’une Dame de carreau.
Elle ne se perdait pas dans la contemplation d’une boule de cristal dans laquelle elle semble être la seule à voir quelque chose.
Elle ne liquéfiait pas, sous vos yeux écarquillés, un kilo de plomb et vous débitait des événements tous plus saugrenus les uns que les autres en regardant le plomb former des figures aléatoires.
Non ! Elle, c’était autre chose, bien au dessus de tous ces charlatans qui vous extirpaient votre argent.
Elle se contentait de vous regarder dans le blanc des yeux et vous narrait votre passé, votre présent et votre avenir avec une aisance déroutante.
Elle était la plus grande bibliothèque du monde et détenait la biographie de chacun, écrite par la main même de Dieu.
On racontait qu’elle avait amené au pouvoir bon nombre de dirigeants politiques.
Certains affirmaient qu’elle y était pour beaucoup dans la victoire écrasante de Chirac, un de ses plus fidèles clients, aux dernières élections. Jospin avait été envoûté, c’était évident.
Les visites officielles de présidents et autres princesses et Emirs se terminaient toujours par une entrevue discrète avec Zohra echawefa.
Elle était devenue un monument du patrimoine, une fierté nationale dont on vantait les mérites, et même, parfois, la raison officieuse de certaines visites.
Zohra avait à un moment ou un autre changé la voie de votre destinée. On lui devait forcément quelque chose : Certains lui devaient tout, d’autres lui devaient de n’être plus rien.
Madame Naziha, cocue et désespérée de surcroît, sonna.
Cabinet de Mme Zohra L.
Voyante
Zohra echawefa était un personnage sorti tout droit d’un épisode de X-Files.
Ses dons surnaturels lui permettaient de prédire votre avenir sur trois générations et dans les moindres détails jusqu’à la couleur du string de vos arrières petit enfants pour leur nuit de noces.
La visite débutait par un diagnostic sur votre situation passée, actuelle et future.
Vous n’aviez jamais à lui exposer pourquoi vous étiez là, elle le savait mieux que vous.
Ses rayons X lisaient en vous comme dans un livre ouvert dont elle maîtrisait parfaitement la langue.
Pire, elle sondait votre âme, elle mettait à nu vos vices cachés, toutes vos perversions les plus inavouables, tous ces maudits événements que vous aviez avec grand peine réussi à refouler, tous ces pêchés qui vous faisaient penser honteusement que vous tueriez la personne qui viendrait à les découvrir un jour.
Elle n’avait pas de honte à vous regarder dans le fond des yeux et à vous dire le plus simplement du monde : « arrête tes pratiques sado maso », « les partouses ne sont plus de ton âge », « la zoophilie te tuera ».
Quand vous entriez chez elle, vous laissiez aux vestiaires votre manteau tout autant que votre intimité, votre vie ne vous appartenait plus et au vu de son incommensurable réputation, le jeu avait l’air d’en valoir la chandelle.
Elle vous proposait parfois quelques remèdes miracle pour retrouver un amour perdu, conjurer le mauvais sort ou mettre fin à l’Envie et la Jalousie dont vous étiez sans nul doute victimes.
Car pour elle, tout le monde enviait tout le monde. Vous serez toujours le gentil poursuivi par les forces du mal qui n’en d’yeux que pour votre Renault super 5 cabossée et votre travail routinier d’employé de bureau dans une institution étatique.
Les rituels vaudous, les prières du Vatican, les incantations divines ne représentaient rien devant une recette magique concoctée par ses propres soins. C’était l’univers entier qui se plaçait dans la conjoncture qu’elle souhaitait. Elle était une divinité sur terre.
Zohra était unique en son genre, c’était ça sa force.
Elle ne lisait pas dans le marc d’un café turc que vous deviez boire cul sec.
Elle ne faisait pas des lignes et des courbes sinueuses de votre main une carte de votre vie.
Elle ne vous proposait pas une partie de cartes en affirmant que vous étiez ensorcelée à la vue d’une Dame de carreau.
Elle ne se perdait pas dans la contemplation d’une boule de cristal dans laquelle elle semble être la seule à voir quelque chose.
Elle ne liquéfiait pas, sous vos yeux écarquillés, un kilo de plomb et vous débitait des événements tous plus saugrenus les uns que les autres en regardant le plomb former des figures aléatoires.
Non ! Elle, c’était autre chose, bien au dessus de tous ces charlatans qui vous extirpaient votre argent.
Elle se contentait de vous regarder dans le blanc des yeux et vous narrait votre passé, votre présent et votre avenir avec une aisance déroutante.
Elle était la plus grande bibliothèque du monde et détenait la biographie de chacun, écrite par la main même de Dieu.
On racontait qu’elle avait amené au pouvoir bon nombre de dirigeants politiques.
Certains affirmaient qu’elle y était pour beaucoup dans la victoire écrasante de Chirac, un de ses plus fidèles clients, aux dernières élections. Jospin avait été envoûté, c’était évident.
Les visites officielles de présidents et autres princesses et Emirs se terminaient toujours par une entrevue discrète avec Zohra echawefa.
Elle était devenue un monument du patrimoine, une fierté nationale dont on vantait les mérites, et même, parfois, la raison officieuse de certaines visites.
Zohra avait à un moment ou un autre changé la voie de votre destinée. On lui devait forcément quelque chose : Certains lui devaient tout, d’autres lui devaient de n’être plus rien.
Madame Naziha, cocue et désespérée de surcroît, sonna.
07 mai 2006
Tout obtenir afin de pouvoir tout mépriser*

Diriger, gouverner, avoir du pouvoir sur les autres.
Sentir que l’on est suspendu à vos ordres, à l’affût d’un mot, un geste, un regard pour le transformer en action.
Dans un rêve utopique et par une matinée glorieuse, j’ai accédé à ce pouvoir.
J’ai mené une campagne sans merci, où ma démagogie n’avait d’égale que mon hypocrisie.
J’ai été un Dieu dont les adeptes buvaient goulûment les prophéties.
J’ai fait miroiter à la populasse un avenir aussi radieux qu’un matin de printemps.
Je leur ai susurré les paroles qui résonnaient depuis toujours dans leurs pensées chimériques.
J’ai fait couler dans leurs veines un sang plus rempli d’espoir que d’hémoglobine.
J’ai donné un goût à leurs vies insipides.
Dans ce même rêve, j’ai dit : « J’ai décidé de dissoudre l’Assemblée Nationale ! », après le journal de 20h, alors que des millions de téléspectateurs étaient accrochés à leurs téléviseurs, attendant impatiemment mon discours.
J’ai également dit : « Qu’on le couvre d’or » en faisant ce geste de désinvolture impériale, et j’ai vu dans les yeux de cette personne, que j’ai daigné regarder, une reconnaissance infinie.
J’ai crié, du haut de ma monture: « Que tous les régiments soient prêts, nous attaquerons à l’aube ! », sous le regard angoissé mais déterminé de mon infanterie.
Je fus chronologiquement aimée, respectée, redoutée, et finalement haïe par un peuple dont chaque être n’avait constitué qu’une marche vers le trône.
Sans aucun scrupule, je n’ai tenu qu’une seule promesse de tous les mensonges que j’avais craché à leurs visages : celle de ne jamais les lâcher. Car j’étais là, et pour toujours.
Mon pouvoir était en place.
Stable, immuable, imperturbable…
J’y avais goûté, et je ne pouvais ni ne voulais m’en détacher.
Enivrée par ma gloire, je voulais faire de mon règne une latrie.
Plutôt mourir ou les faire tous mourir que me résigner à laisser ma place à autrui.
Me battre pour maintenir ma suprématie, c’est par instinct de survie que je le faisais.
A mon réveil, j’ai réfléchi.
J’ai manifestement l’âme d’un leader. Mais je suis de cette race de leaders qui représentent un vrai danger pour les libertés humaines.
Je serai animée par une motivation plus forte que veiller à la bonne marche de mon institution, celle d’exercer mon autorité, afin d’en tirer une autosatisfaction jouissive.
C’est ainsi.
Plus on en a, plus on en veut.
Plus on en veut, moins on peut s’en passer.
Plus on l’exerce, plus grande sera la domination… jusqu’à atteindre l’étouffement.
Étouffement d’une personne, étouffement d’un peuple.
Je suis bien mieux à ma place.
Me laisser accéder à un quelconque pouvoir causerait votre suicide, car je suis incontrôlable.
* citation de Maurice Barrès
29 avril 2006
Publicis
J’en ai marre de voir les mêmes publicités sur les mêmes produits !
Des pubs sur des yaourts qui contiennent des bactéries améliorant le transit intestinal, mais qui n’ont toujours pas mis fin à votre dépendance au Microlax.
Des pubs sur des lessives qui montrent des gosses en train de se tortiller dans la boue et leurs mères exhibant un sourire niais, tandis que, bizarrement, la vôtre, vous fout un baffe qui vous retourne trois fois les yeux dans leur orbite quand vous lui ramenez votre survet’ crados après un match de foot.
Des pubs sur des boissons tellement gazeuses qu’elles vous transforment en ballon de baudruche ou en montgolfière, et qu’au moindre rototo vous risquez la syncope.
Moi ce que je veux, c’est des pubs pour des produits miracles, des produits qui nous changeraient la vie ! Le genre de produits, comment vous expliquer… tu vois la pub, tu sors à minuit de chez toi chercher un magasin ouvert pour l’acheter. Ça ne peut pas attendre le lendemain ! Tu ne pourras pas trouver le sommeil si tu ne t’endors pas ce soir là en le regardant sur ta table de chevet, ou, pour les plus passionnés, en le serrant bien fort.
C’est le produit que t’as attendu toute ta vie, t’as l’impression d’avoir vécu rien que pour ça et tu te sens fier d’appartenir au siècle qui a vu son invention !
Je rêve de voir un jour ce genre de publicités :
Votre passé vous hante ? Vous avez trop de souvenirs refoulés et des pensées obscures ?
MASTERESET est LE produit qu’il vous faut !
Premier lobotomiseur à usage domestique, il vous fera voir à nouveau la vie en rose.
Chassez vos souvenirs, redémarrez à zéro et revendiquez votre mémoire de poisson rouge.
Un patron qui vous tape sur les nerfs* ? Faites appel à un professionnel.
Né de la toute dernière génération de tueurs à gages, voici KILLBOSS, un robot conçu pour une seule mission, celle d’éradiquer votre patron.
Une fois la cible éliminée, il s’autodétruit automatiquement et ne laisse aucune trace pouvant vous impliquer dans le crime.
* En vente sur présentation d’une vidéo justificative et après acceptation de votre dossier.
Jeune drogué, tu as tout essayé, tu es fatigué mais tu as toujours envie d’ailleurs ? Ceci est pour toi !
Voici TRIPDIFFERENT, les premières gélules conçues à partir de champignons hallucinogènes génétiquement modifiés.
Les gélules sont classées par thème (visite culturelle cosmique, voyage psychédélique autour de ta chaise, buddha experience, danse karmique, extase sur les mains…) et par destination (Iles Hawaï, Never–land, Inde, Shangaï sud-est…).
Fais ton trip sur commande et sans effets secondaires ou indésirables.
(Attention ! Une consommation abusive entraîne des flatulences)
Vos couilles vous grattent trop souvent et vous avez honte de vous toucher en public ?
Les enfants se moquent de vos grattage intempestifs en vous jetant des cailloux ?
Les gens vos traitent de pervers ?
Voici en exclusivité le premier caleçon* comprenant un système de grattage incorporé.
Des microdoigts assurent le grattage permanent de vos couilles, vous procurant ainsi une agréable sensation de quiétude et de jouissance.
Possibilité de programmes : grattage doux, grattage intensif, spécial morpions…
*Existe aussi en slip et en string fil de pêche.
Obtenez votre diplôme avec de simples injections. Les laboratoires jmelacouledouce viennent de mettre au point des injections qui vous permettront d’acquérir tout le bagage culturel et le Savoir dont vous avez besoin.
Les injections peuvent être prescrites dans le cadre de la préparation d’un diplôme particulier ou pour maîtriser tout domaine de la Connaissance et du Savoir.
Vous n’aurez aucun mal à identifier ce que vous recherchez !
Les résultats sont prouvés scientifiquement*.
* test réalisé sur un échantillon représentatif d’attardés mentaux.
NB : pour les blondes, les doses doivent être triplées.
Du nouveau dans le domaine des énergies renouvelables.
ENERSHIT est un appareil ultra sophistiqué et révolutionnaire à brancher sur la cuvette de vos toilettes. Il recycle vos matières fécales en énergie et assure ainsi vos besoins en électricité et en chaleur à longueur de temps.
Plus vous chiez, plus vous économisez !
En attendant, continuons à nous abrutir devant des produits qui transforment le luxe en besoin et à sauter de joie à la sortie d’un nouveau yaourt aux fruits mixés ou d’une barre chocolatée fourrée au caramel.
Des pubs sur des yaourts qui contiennent des bactéries améliorant le transit intestinal, mais qui n’ont toujours pas mis fin à votre dépendance au Microlax.
Des pubs sur des lessives qui montrent des gosses en train de se tortiller dans la boue et leurs mères exhibant un sourire niais, tandis que, bizarrement, la vôtre, vous fout un baffe qui vous retourne trois fois les yeux dans leur orbite quand vous lui ramenez votre survet’ crados après un match de foot.
Des pubs sur des boissons tellement gazeuses qu’elles vous transforment en ballon de baudruche ou en montgolfière, et qu’au moindre rototo vous risquez la syncope.
Moi ce que je veux, c’est des pubs pour des produits miracles, des produits qui nous changeraient la vie ! Le genre de produits, comment vous expliquer… tu vois la pub, tu sors à minuit de chez toi chercher un magasin ouvert pour l’acheter. Ça ne peut pas attendre le lendemain ! Tu ne pourras pas trouver le sommeil si tu ne t’endors pas ce soir là en le regardant sur ta table de chevet, ou, pour les plus passionnés, en le serrant bien fort.
C’est le produit que t’as attendu toute ta vie, t’as l’impression d’avoir vécu rien que pour ça et tu te sens fier d’appartenir au siècle qui a vu son invention !
Je rêve de voir un jour ce genre de publicités :
Votre passé vous hante ? Vous avez trop de souvenirs refoulés et des pensées obscures ?
MASTERESET est LE produit qu’il vous faut !
Premier lobotomiseur à usage domestique, il vous fera voir à nouveau la vie en rose.
Chassez vos souvenirs, redémarrez à zéro et revendiquez votre mémoire de poisson rouge.
Un patron qui vous tape sur les nerfs* ? Faites appel à un professionnel.
Né de la toute dernière génération de tueurs à gages, voici KILLBOSS, un robot conçu pour une seule mission, celle d’éradiquer votre patron.
Une fois la cible éliminée, il s’autodétruit automatiquement et ne laisse aucune trace pouvant vous impliquer dans le crime.
* En vente sur présentation d’une vidéo justificative et après acceptation de votre dossier.
Jeune drogué, tu as tout essayé, tu es fatigué mais tu as toujours envie d’ailleurs ? Ceci est pour toi !
Voici TRIPDIFFERENT, les premières gélules conçues à partir de champignons hallucinogènes génétiquement modifiés.
Les gélules sont classées par thème (visite culturelle cosmique, voyage psychédélique autour de ta chaise, buddha experience, danse karmique, extase sur les mains…) et par destination (Iles Hawaï, Never–land, Inde, Shangaï sud-est…).
Fais ton trip sur commande et sans effets secondaires ou indésirables.
(Attention ! Une consommation abusive entraîne des flatulences)
Vos couilles vous grattent trop souvent et vous avez honte de vous toucher en public ?
Les enfants se moquent de vos grattage intempestifs en vous jetant des cailloux ?
Les gens vos traitent de pervers ?
Voici en exclusivité le premier caleçon* comprenant un système de grattage incorporé.
Des microdoigts assurent le grattage permanent de vos couilles, vous procurant ainsi une agréable sensation de quiétude et de jouissance.
Possibilité de programmes : grattage doux, grattage intensif, spécial morpions…
*Existe aussi en slip et en string fil de pêche.
Obtenez votre diplôme avec de simples injections. Les laboratoires jmelacouledouce viennent de mettre au point des injections qui vous permettront d’acquérir tout le bagage culturel et le Savoir dont vous avez besoin.
Les injections peuvent être prescrites dans le cadre de la préparation d’un diplôme particulier ou pour maîtriser tout domaine de la Connaissance et du Savoir.
Vous n’aurez aucun mal à identifier ce que vous recherchez !
Les résultats sont prouvés scientifiquement*.
* test réalisé sur un échantillon représentatif d’attardés mentaux.
NB : pour les blondes, les doses doivent être triplées.
Du nouveau dans le domaine des énergies renouvelables.
ENERSHIT est un appareil ultra sophistiqué et révolutionnaire à brancher sur la cuvette de vos toilettes. Il recycle vos matières fécales en énergie et assure ainsi vos besoins en électricité et en chaleur à longueur de temps.
Plus vous chiez, plus vous économisez !
En attendant, continuons à nous abrutir devant des produits qui transforment le luxe en besoin et à sauter de joie à la sortie d’un nouveau yaourt aux fruits mixés ou d’une barre chocolatée fourrée au caramel.
20 avril 2006
Un Bonheur à l'Imparfait
Depuis quelques temps, Madame Naziha vit un véritable bouleversement. Sa forme est au plus bas, sa tête bouillonne, et avouez qu’un chaos psychologique pour une femme qui ne possède que deux neurones, c’est terriblement dur à gérer.
Rassurez-vous, elle est toujours riche. Enfin, son mari est toujours riche.
Entre autres choses, les biens immobiliers que possède son mari, les feraient vivre en rentiers sur cinq générations si ses entreprises venaient à faire faillite. Et connaissant l’empire économique de son mari, qui dépasse de loin le PIB du Bengladesh, la faillite résulterait d’une cascade de bouleversements digne d’un Big Bang. Il n’est donc pas et ne sera, sans nul doute, jamais question de problèmes financiers avec Madame Naziha.
Mais Madame Naziha, plus que quiconque, vous dira, avec ce ton narquois mais non moins convaincu, que « l’argent ne fait pas le bonheur ». Il est, certes, plus facile d’ériger ces expressions préconstruites quand on croule sous les milliards. Un clochard en haillons ne vous dira jamais que « l’habit ne fait pas le moine », de même qu’on ne verra jamais un moine se balader en short et en tong à l’église.
Mais quels peuvent être les soucis d’une femme dont le destin pourrait constituer un conte fabuleux des frères Grimm ou dont la vie ferait un excellent scénario de téléfilm de 13h30 sur M6?
Madame Naziha doute. Madame Naziha suspecte. Madame Naziha affabule.
Il rentre tard. Ses portables sont éteints. Il a une odeur inhabituelle. Il porte son meilleur costume. Il se rase et change de caleçon tous les jours. Il a acheté un nouveau parfum. Il semble rajeunir de jour en jour.
Il ? Si Lamine, son mari.
Oui, de premier abord, ça paraît tellement saugrenu comme hypothèse. Comment un thon comme lui peut-il séduire une femme, si laide Soit-elle ?
Mais Naziha se rappelle bien que, plus jeune, elle avait fait de cet homme son mari bien qu’elle le trouvait répugnant. Elle se souvient aussi qu’à l’époque, il y avait un mariage à la clé. Ce n’était plus le cas…
Et puis, l’âge et l’argent avaient fait don à Si Lamine d’un charme introuvable chez lui jusqu’à présent. Aussi surprenant que ça puisse sembler, il passait dorénavant parfaitement bien en société. Une fois, à la sortie d’une pièce de théâtre, Madame Naziha avait même surpris des regards que lui avaient lancé un groupe de femmes esseulées.
Certes, ces regards étaient furtifs, mais pour elle, ils étaient notables au vu de l’indifférence qui se lisait d’habitude sur le visage des gens lorsque son mari passait devant eux. En temps normal, il suffisait de voir une fois Si Lamine pour l’oublier à tout jamais. Mais là, visiblement, la roue tournait, et pas dans le sens de notre pauvre Naziha…
A 62 ans, il était au paroxysme de sa libido. Guidé par ses pulsions sexuelles, par sa recherche quasi instinctive du plaisir, Si Lamine embellissait. Ses cheveux dont il assumait parfaitement la blancheur, les rides qui lui sillonnaient le visage, son ventre qui écartait les boutons de sa chemise pour se laisser découvrir, c’est chaque infime partie de son corps qui vous appelait à lui. Et ça, Madame Naziha ne pouvait pas le contrôler, elle se contentait d’en faire la triste constatation.
Désormais, Madame Naziha n’avait plus que sa bouée de graisse pour l’empêcher de se noyer dans son chagrin. Elle la regardait avec regret. Ses amies lui avaient à maintes fois conseillée de sauter le pas et de subir cette fameuse intervention de liposuccion, mais il lui semblait évident qu’il l’aime et l’aimerait toujours malgré ses kilos. « Le lifting attendra » se contentait-elle de répondre d’un air condescendant. Le Temps ne vous attend pas Madame Naziha, il vous rattrape, vous dépasse et vous nargue. Et qui plus est dans votre cas, le Temps a dû bien rire de vous.
Elle ne pouvait en vouloir à Si Lamine. C’est, du moins, ce qu’elle pensait.
En fin de compte, elle se disait qu’elle l’avait bien cherché. A vouloir se réaliser à travers ses tableaux, elle avait fini par écarter son mari. Elle pensait se démarquer de lui, elle l’avait éloigné de son corps, qui n’exerçait déjà pas une grande attraction. Attraction désastre, en l’occurrence…
Les hommes sont faibles, les femmes sont démoniaques et elle était de moins en moins attirante : toute cette conjoncture expliquait parfaitement bien la situation.
Que ne donnerait-elle pas maintenant pour se confondre à nouveau à cette image de potiche dont elle voulait se défaire à tout prix. Mais Si Lamine ne l’emmenait plus nulle part. Elle le suppliait. Il se contentait de répondre hâtivement : « C’est un dîner professionnel ». Il lui servait le mot « professionnel » à toutes les sauces, c’était devenu son exutoire, son alibi face à toutes les présomptions qu’elle émettait.
Et elle l’avait déjà condamné sur ces simples présomptions.
(A suivre…)
Rassurez-vous, elle est toujours riche. Enfin, son mari est toujours riche.
Entre autres choses, les biens immobiliers que possède son mari, les feraient vivre en rentiers sur cinq générations si ses entreprises venaient à faire faillite. Et connaissant l’empire économique de son mari, qui dépasse de loin le PIB du Bengladesh, la faillite résulterait d’une cascade de bouleversements digne d’un Big Bang. Il n’est donc pas et ne sera, sans nul doute, jamais question de problèmes financiers avec Madame Naziha.
Mais Madame Naziha, plus que quiconque, vous dira, avec ce ton narquois mais non moins convaincu, que « l’argent ne fait pas le bonheur ». Il est, certes, plus facile d’ériger ces expressions préconstruites quand on croule sous les milliards. Un clochard en haillons ne vous dira jamais que « l’habit ne fait pas le moine », de même qu’on ne verra jamais un moine se balader en short et en tong à l’église.
Mais quels peuvent être les soucis d’une femme dont le destin pourrait constituer un conte fabuleux des frères Grimm ou dont la vie ferait un excellent scénario de téléfilm de 13h30 sur M6?
Madame Naziha doute. Madame Naziha suspecte. Madame Naziha affabule.
Il rentre tard. Ses portables sont éteints. Il a une odeur inhabituelle. Il porte son meilleur costume. Il se rase et change de caleçon tous les jours. Il a acheté un nouveau parfum. Il semble rajeunir de jour en jour.
Il ? Si Lamine, son mari.
Oui, de premier abord, ça paraît tellement saugrenu comme hypothèse. Comment un thon comme lui peut-il séduire une femme, si laide Soit-elle ?
Mais Naziha se rappelle bien que, plus jeune, elle avait fait de cet homme son mari bien qu’elle le trouvait répugnant. Elle se souvient aussi qu’à l’époque, il y avait un mariage à la clé. Ce n’était plus le cas…
Et puis, l’âge et l’argent avaient fait don à Si Lamine d’un charme introuvable chez lui jusqu’à présent. Aussi surprenant que ça puisse sembler, il passait dorénavant parfaitement bien en société. Une fois, à la sortie d’une pièce de théâtre, Madame Naziha avait même surpris des regards que lui avaient lancé un groupe de femmes esseulées.
Certes, ces regards étaient furtifs, mais pour elle, ils étaient notables au vu de l’indifférence qui se lisait d’habitude sur le visage des gens lorsque son mari passait devant eux. En temps normal, il suffisait de voir une fois Si Lamine pour l’oublier à tout jamais. Mais là, visiblement, la roue tournait, et pas dans le sens de notre pauvre Naziha…
A 62 ans, il était au paroxysme de sa libido. Guidé par ses pulsions sexuelles, par sa recherche quasi instinctive du plaisir, Si Lamine embellissait. Ses cheveux dont il assumait parfaitement la blancheur, les rides qui lui sillonnaient le visage, son ventre qui écartait les boutons de sa chemise pour se laisser découvrir, c’est chaque infime partie de son corps qui vous appelait à lui. Et ça, Madame Naziha ne pouvait pas le contrôler, elle se contentait d’en faire la triste constatation.
Désormais, Madame Naziha n’avait plus que sa bouée de graisse pour l’empêcher de se noyer dans son chagrin. Elle la regardait avec regret. Ses amies lui avaient à maintes fois conseillée de sauter le pas et de subir cette fameuse intervention de liposuccion, mais il lui semblait évident qu’il l’aime et l’aimerait toujours malgré ses kilos. « Le lifting attendra » se contentait-elle de répondre d’un air condescendant. Le Temps ne vous attend pas Madame Naziha, il vous rattrape, vous dépasse et vous nargue. Et qui plus est dans votre cas, le Temps a dû bien rire de vous.
Elle ne pouvait en vouloir à Si Lamine. C’est, du moins, ce qu’elle pensait.
En fin de compte, elle se disait qu’elle l’avait bien cherché. A vouloir se réaliser à travers ses tableaux, elle avait fini par écarter son mari. Elle pensait se démarquer de lui, elle l’avait éloigné de son corps, qui n’exerçait déjà pas une grande attraction. Attraction désastre, en l’occurrence…
Les hommes sont faibles, les femmes sont démoniaques et elle était de moins en moins attirante : toute cette conjoncture expliquait parfaitement bien la situation.
Que ne donnerait-elle pas maintenant pour se confondre à nouveau à cette image de potiche dont elle voulait se défaire à tout prix. Mais Si Lamine ne l’emmenait plus nulle part. Elle le suppliait. Il se contentait de répondre hâtivement : « C’est un dîner professionnel ». Il lui servait le mot « professionnel » à toutes les sauces, c’était devenu son exutoire, son alibi face à toutes les présomptions qu’elle émettait.
Et elle l’avait déjà condamné sur ces simples présomptions.
(A suivre…)
09 avril 2006
Le bain de H'lima

H’lima ne rate jamais son Hammam du dimanche. Plus qu’une habitude, c’est un rituel.
Elle s’habille d’une nudité impudique et entame sa course à la propreté.
Dans cet espace, il n’y a plus de place à la féminité. Elle, de nature si douce, si fine se mue en un prédateur féroce qui traque sans merci les seaux d’eau chaude.
Celle qui a le malheur de s’aventurer à lui prendre son seau, aura droit à un regard plus perçant qu’un faisceau laser et à un rugissement dissuasif.
Les femmes sont des dockers qui transportent leurs seaux avec détermination.
Le parcours de H’lima est tracé comme un circuit de Formule 1.
Elle commence par la chambre chaude, cette salle magique qui a le pouvoir de transformer un être humain en pruneau desséché.
La chambre chaude, c’est encore mieux qu’un cachet d’ecstasy, c’est encore plus fort qu’un champignon hallucinogène, c’est encore plus doux qu’une herbe de Colombie.
Ça transformerait Hitler en Bob Marley, Sharon en Doc Gyneco.
Elle sue, étouffe, se vide de toute son eau et s’abandonne à une douce asthénie.
A ses côtés, d’autres femmes se laissent, également, entraîner par la chaleur enivrante de la vapeur.
Après plus de 40 minutes, elle se traîne vers la salle intermédiaire.
Là, tous les vices sont permis, on voit ce qu’on ne devrait pas voir et on entre de façon abrupte dans l’intimité d’autrui, dans tout ce qu’elle comporte de plus répugnant.
Les ménagères sans complexes exhibent leurs corps difformes et leurs pilosités envahissantes dans une nudité obscène.
Un groupe, en particulier, attire son attention. Quatre femmes nues comme des vers, affalées sur le marbre humide, les bras ornés de bagues et de bracelets en or jaune canari. Elles habillent cette vision malsaine de propos matérialistes et terre-à-terre, piaillent et lapident leurs connaissances communes en ponctuant leurs attaques de « la pauvre », « elle est si jeune », « elle était belle pourtant » et autres expressions qui leur donnent bonne conscience.
H’lima ne peut s’empêcher de regarder ces femmes avec dégoût. Un troupeau de Naziha venu se repaître à un point d’eau.
H’lima va alors vivre le moment crucial de toute cette expérience fantasmagorique : le frottement au gant de crin. Rares sont celles qui veulent le pratiquer seules. Toute l’ampleur de cet acte prend effet lorsqu’il est accompli par les gourous du hammam, ces camionneurs à la langue fourchue et à la gestuelle expressive incarnées dans un corps de femme. Elles se disputent les clientes comme deux prostituées sur le même trottoir.
H’lima se laisse manipuler et pétrir par cette femme qui l’exorcise de sa saleté.
Les Naziha en font de même. Mais leurs masseuses les traitent avec plus de délicatesse. On ne manie pas de la même manière le plastique et la porcelaine fusse t’elle épaisse et fine comme du béton.
Obscure pathologie sortie tout droit des enfers, après s'être abondamment et frénétiquement laissées frotter avec ce gant de crin, disponible dans tous les sex shop comme accessoire sado maso (rayon "trash"), elles regardent s'amasser les petits vers grisâtres que forment leur saleté en jouissant de cette vision. Leur crasse, c'est de la crasse "riche", elles en ont bavé pour l'obtenir...
H’lima regarde l’eau dévaler les courbes sinueuses de leur graisse et se charger de leurs vers grisâtres comme une source qui s’enrichit en minéraux en parcourant une montagne rocheuse.
Les crasses des ces femmes se mêlent à la sienne et s’évacuent en file indienne dans un ruissellement d’eau de lavage marron, de shampoings et de pelotes de chevelure crépue.
Comme revêtie d’une seconde peau, H’lima renaît.
Dans la dernière chambre, un semblant d’humanité commence à se faire ressentir.
Epanouies, exténuées par leur épopée, les femmes s’y reposent.
Elles rigolent, se disent des gentillesses, et sirotent joyeusement leurs Boga cidre ou leurs Fanta tout en cachant leurs tares dans des vêtements qui créent l’illusion de leur beauté et les replacent dans leur contexte social. Les seins pendants jusqu’au ventre de l’une, la cellulite capitonnée de l’autre ne sont plus qu’un souvenir… Les Naziha et les H’lima retournent chacune dans son monde.
Il n'y a que la crasse que les Naziha acceptent de partager...
03 avril 2006
Station Innocence, Terminus

Cela va faire bientôt 30 minutes qu’elle attend…
Comme à chaque jour, après avoir fini ses cours, elle parcourt les 500 mètres qui séparent son lycée de l’arrêt du bus. Là, elle attend… elle attend… elle attend…
Elle attend ce bus qui, une fois sur deux, ne s’arrêtera pas à la station. Ce bus bondé, qui contient parfois le triple de ce qu’il devrait contenir, qui penche dangereusement vers la gauche et dont des têtes dépassent des fenêtres et des portes comme du bétail en route vers l’abattoir.
Si elle a de la chance, il ne sera pas trop rempli aujourd’hui. Et elle pourra espérer être chez elle dans une heure.
Il arrive enfin… ça se précipite vers la porte. Et elle, toute menue, se fait écraser par une masse animée par le même but : monter à tout prix. Mais a-t-elle le droit de les blâmer ? Elle est comme eux, avec eux ?...
A l’intérieur, une chaleur étouffante, une atmosphère asphyxiante et une odeur nauséabonde de cigarettes bon marché imprégnée dans les vêtements, mélangée à un cocktail explosif d’odeurs corporelles.
Elle s’est habituée, ou du moins essaie… Elle avance, entraînée par le mouvement lent et irrégulier de la masse.
Des têtes de tous genres… la plupart, des ouvriers rentrant des chantiers, des maçons, des vieux aigris et d’autres échantillons de l’espèce humaine.
Elle continue d’avancer… et soudain elle ressent un contact étrange.
On lui colle de trop près. Elle bouge, mais ça se remet inéluctablement en place…
Elle se retourne.
Un homme d’une trentaine d’année. Il lui lance un regard d’une perversité à vous glacer le sang. C’est tout ce qu’elle verra de lui.
Il se rapproche encore et encore… elle sent sa main qui lui caresse les fesses et traverse son intimité, elle sent son organe qui se durcit à son contact.
Et elle ne peut dire un mot. Elle se tait. Elle a peur et ne sait comment réagir.
Elle est jeune, innocente. Elle l’était… Dorénavant, elle le sera moins.
Elle s’imagine se retournant et lui donnant une baffe. Non, elle ne peut pas ! Elle n’ose pas… Elle se tait et subit…
Son mutisme est un consentement pour son « violeur ». Il continue impunément à se livrer à ses petits plaisirs obscènes.
La file n’avance pas.
Indifférents, ils sont tous complices à ses yeux. Leur statisme a la délicatesse de se maquiller en impuissance. Personne ne voit, ne la voit. Tout ce petit monde est soudain frappé de cécité…
L’attente lui semble interminable.
Ca bouge enfin… elle se libère de se corps qui s’était imbriqué en elle.
Elle descend, les larmes aux yeux.
Elle a honte… et elle n’en parlera pas.
Elle le reverra, presque chaque jour, dans ce même bus. Il ne la reconnaîtra pas mais elle, elle n’oubliera jamais ce visage impassible et ce regard de vicelard.
Lui, se trouvera encore d’autres victimes et aura encore quatre érections avant d’arriver chez lui.
Le scénario se perpétuera…
Du bus de l'innocence, tout le monde finit par descendre un jour. L'arrêt est juste arrivé un peu plus vite que prévu pour elle…
30 mars 2006
Microcosmos

Ça devait arriver…
Ça y est ! C’est le début de l’aliénation…
En ce moment, je vois ce que je ne suis pas censée voir…
J’ai basculé dans une autre échelle…
En fait, je crois que je suis en train de me transformer en particule microscopique.
Je LES vois.
J’ai accédé à LEUR monde.
Avant, je connaissais leur présence sans m’en préoccuper outre mesure, mais là, je commence à penser que les microbes ont une mission, celle de nous éradiquer !
Nous sommes infestés par ce microcosmos, les microbes nous côtoient et nous parasitent !
Quand je dois ouvrir une porte, j’y pense à deux fois avant d’attraper la poignée, je la regarde et je les vois ! Ils me regardent sournoisement, ils sont verts ou gris et ils ont des crocs, et de la bave partout.
Y a plusieurs espèces dans leur monde, parce que j’en vois d’autres, des longilignes qui n’ont pas d’ yeux. Ce sont sûrement les gentils du monde microscopique. Y a des ovales aussi mais, apparemment, ceux là, ce sont des attardés mentaux inoffensifs.
Et les acariens, j’en vois aussi, sur mon oreiller, sur mes draps, sur mon lit… ils laissent leur crotte partout, ils se nourrissent des fibres de mes tissus et je m’imagine des bébêtes dans mes cheveux, sur mes vêtements… partout, partout, PARTOUT !!!!
Je suis dégoûtée à l’idée de penser qu’à chaque fois que je touche quelque chose, ils se servent de moi comme d’un bus pour aller ailleurs… En fait, les transports en commun des bactéries ce sont nous, les humains ! Elles guettent l’arrivée d’un humain et sautent dessus pour étendre leur invasion.
Même l’eau du robinet commence sérieusement à me faire peur, j’en vois qui nagent tranquillement… ou dans la bouffe qui bronzent pendant la cuisson… ils pénètrent dans notre corps, se mêlent à notre propre flore et un vrai melting pot se crée en nous, nous sommes plus cosmopolites qu’une grande métropole, nous sommes une zone d’échange !!!
Et l’argent… à travers combien de mains ça a du passer avant d’atterrir dans les miennes !
A chaque fois qu’on me rend la monnaie, j’imagine le parcours de cette pièce...
Un morveux enrhumé qui éternue, un liquide verdâtre lui sort du nez, il cherche, en vain, un mouchoir et puis…hop! ni vu ni connu, il essuie d’un mouvement machinal de la main, puis il se souvient qu’il doit acheter le pain, il paye avec cette pièce… le relais est passé… l’épicier prend la relève… un mec vient acheter du yaourt, l’épicier lui rend la monnaie, et la pièce passe entre les mains de ce type, qui, j’ai oublié de le préciser, a la fâcheuse manie de jouer avec son zizi et vient juste de finir sa branlette, puis il payera avec cette même pièce son journal du dimanche. Le vendeur de journaux, surpris aux toilettes, sortira sans se laver les mains et la transmettra à un autre type, qui payera avec son cappuccino et ainsi de suite jusqu’à ce que, par une conjoncture cosmique, cette pièce se retrouve entre mes mains.
Cette putain de pièce infestée jusqu'au trognon m'était donc destinée?
Mais elle ne s’arrêtera sûrement pas à moi, elle se chargera encore de mes microbes pour parasiter d’autres victimes…
Même dans l’air, je les vois, ils se déplacent toujours en horde, pour nous envahir plus rapidement et ils ne font que baiser à longueur de journée pour faire des gosses, qui instinctivement sont programmés à parasiter encore et encore !
Baiser pour parasiter ! Voila la vie d’un microbe !
Combattons les bactéries, les virus, les champignons et tout autre peuple lilliputien ! Voila à quelle cause nous devons nous rallier, Humains !
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