Voilà! Déjà un an que j'ai débarqué sur la blogosphère.
Le but de ce blog était de décrire l'humain dans ses absurdités: rire des autres et rire de moi-même. Tout est dans la critique, la dérision, le cynisme et surtout l'exagération.
Je continuerai je l'espère dans cette voie, si la vie m'en laisse le temps.
Merci à tous mes lecteurs pour leurs commentaires, merci à tous les anonymes pour leur passage.
J'attends vos remarques, vos suggestions et vos critiques.
Et pourquoi pas aussi, me dire quel est votre post préferé de moi et celui que vous détestez le plus!!
Joyeux anniversaire à mon bloguinou chéri et encore merci à tous!
30 décembre 2006
16 décembre 2006
Pélerinage à Paris
Madame Naziha avait passé ses innombrables nuits d’insomnie à imaginer la maîtresse de son mari : une pin-up extravertie à la beauté insultante et au charme ravageur ? Une de ces femmes inaccessibles que les frustrés collent en poster dans les murs de leurs chambres ? Une de ces beautés typées sur lesquelles tant d’hommes fantasment en libérant leur semence infertile ?
Zohra, la voyante, l’avait un peu rassurée en lui rappelant que Si Lamine, son mari, pourrait être un probable fils caché de Fernandel et d’Alice Sapritch et que cette femme qui semblait lui tourner autour, était, à l’évidence, plus proche de la caricature que du portrait.
Elle était sortie du cabinet de Zohra plus déterminée que jamais. Car Madame Naziha était une battante, elle avait, malgré sa corpulence de cachalot, gravi toutes les marches de l’échelle sociale. Du haut de cette échelle, sa situation passée lui donnait des vertiges. Elle ne pouvait résolument pas retourner à son ancienne condition. Le souvenir pesant de ses cours de maths avec la voix lugubre de Monsieur Laamouri débitant des théorèmes de Grecs aux noms si compliqués à retenir la motivait encore plus qu’un Roger Lemaire. Son « Pythagore » gore gore gore résonnait dans sa boîte crânienne évidée. Même les échos la narguaient en lui rappelant le tragique de sa situation.
Malgré son asthénie nerveuse, elle avait fini par se rendre à l’évidence : sans Si Lamine elle n’était plus rien. Il l’avait peut-être trompée oui, et alors ?! N’était-ce pas en fin de compte un passage obligé pour toute femme? Et puis, c’était rassurant pour elle de se dire que même Hillary Clinton avait vécu cette expérience et le couple ne s’en portait que mieux depuis. Qui sait, sa Lewinsky à elle s’était peut-être aussi contentée de quelques douceurs sous le bureau. Il n’y avait vraiment pas de quoi en faire une choucroute !
Maintenant, elle ne demandait qu’à oublier ce triste passé.
La distribution naturelle des caractères génétiques fait qu’il existe pour les deux sexes un raccourci dans les processus de guérison du mal-être. Comme dans les jeux vidéo, où une astuce du type « CTRL+ALT+F4 » peut vous envoyer directement au niveau 3 du jeu sans affronter le monstre à huit têtes et la pieuvre aux mille tentacules, Dieu, dans son infinie miséricorde, a mis en place un raccourci dans le long chemin de l’oubli.
Chez le mâle, les choses sont simples, voire primitives. Un homme peut tirer un trait sur ses problèmes les plus angoissants avec une simple partie de jambes en l’air. Tout homme vous le dira, le sexe c’est salutaire.
Chez la femme, ce raccourci existe aussi, quoi que, vous en conviendrez, une femme nécessite un peu plus de moyens. Toute femme dont l’avenir peut sembler incertain à T-1 peut, si vous lui mettez une carte de crédit entre les mains à l’instant T, voir son futur devenir aussi rose qu’une layette de bébé. C’est connu, seul le shopping peut remettre une femme d’appoint et encore plus quand il s’agit d’une Naziha qui commence à se lasser de ses dix fourrures.
Voilà donc notre chère Madame Naziha embarquant sur le vol TU 714 à destination de Paris-Orly pour un séjour des plus prometteurs. Bien entendu, nous ne reviendrons pas sur les conditions dans lesquelles elle a obtenu le visa tant convoité pour la France. Faire la queue au consulat, donner des papiers justificatifs, attendre au milieu de la populasse, ce n’est pas pour elle. Payer quelqu’un pour lui ramener son passeport orné d’un Visa d’un an, ça c’est elle.
Une Naziha ne paye jamais un billet en première classe, mais bizarrement on retrouve toujours les Naziha en 1ère classe. Car une Naziha connaît toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît le pilote, le Steward ou l’hôtesse et qui viendra indiscrètement la déplacer sous le regard frustré de la classe économique. De toute façon, en 1ère classe ou ailleurs, la nourriture sera toujours aussi infecte. Mais entre un saumon insipide et un poulet au goût de vomi, le saumon passera toujours mieux.
Qu’on se rassure, Madame Naziha fera très bon voyage. Mais une Naziha ne vous dira jamais qu’elle a fait « bon voyage ». Elle se plaindra toujours du type à coté d’elle, de l’hôtesse impolie ou des perturbations atmosphériques.
En foulant le territoire français, Madame Naziha change inéluctablement de statut. Elle n’est plus qu’une simple citoyenne tunisienne, contrainte de subir les contrôles douaniers et policiers. Adieu les ordres, les privilèges, le luxe, les voitures avec chauffeur, le personnel, les dîners dans les restaurants les plus chics, le soleil, les résidences secondaires. Bonjour le métro, la misère, les SDF, l’exiguïté, le froid que même la fourrure d’un troupeau de renards ne peut masquer.
C’est dans ces moments là que Madame Naziha prenait conscience de son influence dans son pays. A Tunis, elle pouvait tout acheter avec son argent, même les administrations. Ici, elle n’était qu’une vulgaire consommatrice dont le pouvoir d’achat avait diminué de moitié.
A peine arrivée, et dans une aliénation quasi bestiale, elle dévalise C&A et H&M. Pour ses amies, elle dira que c’est du D&G, à quelques lettres près.
Elle traque désespérément la moindre ristourne : -30% chez TATI, elle entre tout de suite. Les chaussettes et les culottes de grand-mère passent avec elle en caisse. C’est pas avec ça qu’elle reconquérra Si Lamine, mais ce qui n’est pas cher vaut forcément le coup.
Sa fièvre acheteuse pouvait exploser un thermomètre.
Elle se permettait tout ce que son rang lui interdisait de faire à Tunis car ici, personne ne la connaissait.
Dans les rues de Strasbourg St Denis, parmi les putains siliconées, maquillées comme des voitures volées et se tortillant dans le froid sibérien, elle entre dans chaque magasin, achète les faux bijoux, les sacs et les foulards de ces chinois qu’elle méprise. Dans la rue, elle évite le regard des noirs et autres minorités hostiles.
Madame Naziha achète, donc Madame Naziha vit.
Dans un victorieux « Veni Vidi Vici », elle se sentait renaître.
En attendant le métro, elle jette un œil sur les affiches : « Venise et l’Orient » à l’Institut du Monde Arabe, Exposition sur les peintres impressionnistes dans une galerie d’Art. Mais il y a mieux à faire à Paris. Le cinéma, le théâtre, l’opéra, les spectacles, les expositions, Madame Naziha vivait dans un monde parallèle à tout cela. Le tourisme culturel, elle n’en soupçonnait même pas l’existence.
Au retour, ses excédents de bagages la font même sourire, ils représentent la valeur ajoutée de son pèlerinage dans la capitale mondiale du textile. Elle est fière de tout ce tas de vêtements qui lui permettra de se redorer le blason. Madame Naziha était devenue une association à but non lucratif : elle avait dépensé les dons de son mari pour son émancipation sociale.
Avant de monter dans l’avion, Madame Naziha fait un passage obligé par le Free shop pour les chocolats, habitude tunisienne ringarde et obsolète, quelques bouteilles d’alcool pour les apéro’, des cigares et des cigarettes pour les amis.
Dans sa précipitation, notre Madame Naziha va évidemment oublier son sac à main et créer une alerte au bagage abandonné sans se soucier de rien. Malgré plusieurs appels dans tout l’aéroport, c’est en cherchant son briquet qu’elle s’apercevra de la perte de son sac et se précipitera hors de l’avion pour le récupérer.
Tant que des Naziha prendront l’avion, Tunisair affichera des retards.
Arrivée chez elle, Madame Naziha reprend sa place sur le trône. Paris c’est bien, mais juste pour frimer à Tunis.
Zohra, la voyante, l’avait un peu rassurée en lui rappelant que Si Lamine, son mari, pourrait être un probable fils caché de Fernandel et d’Alice Sapritch et que cette femme qui semblait lui tourner autour, était, à l’évidence, plus proche de la caricature que du portrait.
Elle était sortie du cabinet de Zohra plus déterminée que jamais. Car Madame Naziha était une battante, elle avait, malgré sa corpulence de cachalot, gravi toutes les marches de l’échelle sociale. Du haut de cette échelle, sa situation passée lui donnait des vertiges. Elle ne pouvait résolument pas retourner à son ancienne condition. Le souvenir pesant de ses cours de maths avec la voix lugubre de Monsieur Laamouri débitant des théorèmes de Grecs aux noms si compliqués à retenir la motivait encore plus qu’un Roger Lemaire. Son « Pythagore » gore gore gore résonnait dans sa boîte crânienne évidée. Même les échos la narguaient en lui rappelant le tragique de sa situation.
Malgré son asthénie nerveuse, elle avait fini par se rendre à l’évidence : sans Si Lamine elle n’était plus rien. Il l’avait peut-être trompée oui, et alors ?! N’était-ce pas en fin de compte un passage obligé pour toute femme? Et puis, c’était rassurant pour elle de se dire que même Hillary Clinton avait vécu cette expérience et le couple ne s’en portait que mieux depuis. Qui sait, sa Lewinsky à elle s’était peut-être aussi contentée de quelques douceurs sous le bureau. Il n’y avait vraiment pas de quoi en faire une choucroute !
Maintenant, elle ne demandait qu’à oublier ce triste passé.
La distribution naturelle des caractères génétiques fait qu’il existe pour les deux sexes un raccourci dans les processus de guérison du mal-être. Comme dans les jeux vidéo, où une astuce du type « CTRL+ALT+F4 » peut vous envoyer directement au niveau 3 du jeu sans affronter le monstre à huit têtes et la pieuvre aux mille tentacules, Dieu, dans son infinie miséricorde, a mis en place un raccourci dans le long chemin de l’oubli.
Chez le mâle, les choses sont simples, voire primitives. Un homme peut tirer un trait sur ses problèmes les plus angoissants avec une simple partie de jambes en l’air. Tout homme vous le dira, le sexe c’est salutaire.
Chez la femme, ce raccourci existe aussi, quoi que, vous en conviendrez, une femme nécessite un peu plus de moyens. Toute femme dont l’avenir peut sembler incertain à T-1 peut, si vous lui mettez une carte de crédit entre les mains à l’instant T, voir son futur devenir aussi rose qu’une layette de bébé. C’est connu, seul le shopping peut remettre une femme d’appoint et encore plus quand il s’agit d’une Naziha qui commence à se lasser de ses dix fourrures.
Voilà donc notre chère Madame Naziha embarquant sur le vol TU 714 à destination de Paris-Orly pour un séjour des plus prometteurs. Bien entendu, nous ne reviendrons pas sur les conditions dans lesquelles elle a obtenu le visa tant convoité pour la France. Faire la queue au consulat, donner des papiers justificatifs, attendre au milieu de la populasse, ce n’est pas pour elle. Payer quelqu’un pour lui ramener son passeport orné d’un Visa d’un an, ça c’est elle.
Une Naziha ne paye jamais un billet en première classe, mais bizarrement on retrouve toujours les Naziha en 1ère classe. Car une Naziha connaît toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît le pilote, le Steward ou l’hôtesse et qui viendra indiscrètement la déplacer sous le regard frustré de la classe économique. De toute façon, en 1ère classe ou ailleurs, la nourriture sera toujours aussi infecte. Mais entre un saumon insipide et un poulet au goût de vomi, le saumon passera toujours mieux.
Qu’on se rassure, Madame Naziha fera très bon voyage. Mais une Naziha ne vous dira jamais qu’elle a fait « bon voyage ». Elle se plaindra toujours du type à coté d’elle, de l’hôtesse impolie ou des perturbations atmosphériques.
En foulant le territoire français, Madame Naziha change inéluctablement de statut. Elle n’est plus qu’une simple citoyenne tunisienne, contrainte de subir les contrôles douaniers et policiers. Adieu les ordres, les privilèges, le luxe, les voitures avec chauffeur, le personnel, les dîners dans les restaurants les plus chics, le soleil, les résidences secondaires. Bonjour le métro, la misère, les SDF, l’exiguïté, le froid que même la fourrure d’un troupeau de renards ne peut masquer.
C’est dans ces moments là que Madame Naziha prenait conscience de son influence dans son pays. A Tunis, elle pouvait tout acheter avec son argent, même les administrations. Ici, elle n’était qu’une vulgaire consommatrice dont le pouvoir d’achat avait diminué de moitié.
A peine arrivée, et dans une aliénation quasi bestiale, elle dévalise C&A et H&M. Pour ses amies, elle dira que c’est du D&G, à quelques lettres près.
Elle traque désespérément la moindre ristourne : -30% chez TATI, elle entre tout de suite. Les chaussettes et les culottes de grand-mère passent avec elle en caisse. C’est pas avec ça qu’elle reconquérra Si Lamine, mais ce qui n’est pas cher vaut forcément le coup.
Sa fièvre acheteuse pouvait exploser un thermomètre.
Elle se permettait tout ce que son rang lui interdisait de faire à Tunis car ici, personne ne la connaissait.
Dans les rues de Strasbourg St Denis, parmi les putains siliconées, maquillées comme des voitures volées et se tortillant dans le froid sibérien, elle entre dans chaque magasin, achète les faux bijoux, les sacs et les foulards de ces chinois qu’elle méprise. Dans la rue, elle évite le regard des noirs et autres minorités hostiles.
Madame Naziha achète, donc Madame Naziha vit.
Dans un victorieux « Veni Vidi Vici », elle se sentait renaître.
En attendant le métro, elle jette un œil sur les affiches : « Venise et l’Orient » à l’Institut du Monde Arabe, Exposition sur les peintres impressionnistes dans une galerie d’Art. Mais il y a mieux à faire à Paris. Le cinéma, le théâtre, l’opéra, les spectacles, les expositions, Madame Naziha vivait dans un monde parallèle à tout cela. Le tourisme culturel, elle n’en soupçonnait même pas l’existence.
Au retour, ses excédents de bagages la font même sourire, ils représentent la valeur ajoutée de son pèlerinage dans la capitale mondiale du textile. Elle est fière de tout ce tas de vêtements qui lui permettra de se redorer le blason. Madame Naziha était devenue une association à but non lucratif : elle avait dépensé les dons de son mari pour son émancipation sociale.
Avant de monter dans l’avion, Madame Naziha fait un passage obligé par le Free shop pour les chocolats, habitude tunisienne ringarde et obsolète, quelques bouteilles d’alcool pour les apéro’, des cigares et des cigarettes pour les amis.
Dans sa précipitation, notre Madame Naziha va évidemment oublier son sac à main et créer une alerte au bagage abandonné sans se soucier de rien. Malgré plusieurs appels dans tout l’aéroport, c’est en cherchant son briquet qu’elle s’apercevra de la perte de son sac et se précipitera hors de l’avion pour le récupérer.
Tant que des Naziha prendront l’avion, Tunisair affichera des retards.
Arrivée chez elle, Madame Naziha reprend sa place sur le trône. Paris c’est bien, mais juste pour frimer à Tunis.
14 décembre 2006
Coming Soon: Mme Naziha, le retour
Précédemment dans "Mme Naziha, chronique d'une vie de bourgeoise tunisienne".
Mme Naziha, bourgeoise tunisienne a épousé Si Lamine, riche homme d'affaires.
Lasse de sa vie de potiche, elle s'est passionnée pour l'Art.
Malheureusement, son bonheur se conjugua au passé lorsqu'elle commença à soupçonner l'infidélité de son mari.
Il ya plusieurs semaines, elle finit par se convaincre d'aller consulter Zohra, une voyante aux dons extraordinaires.
Nous l'avions laissée terrorisée, et abattue.
Que s'est-il passé depuis?
Mme Naziha, bourgeoise tunisienne a épousé Si Lamine, riche homme d'affaires.
Lasse de sa vie de potiche, elle s'est passionnée pour l'Art.
Malheureusement, son bonheur se conjugua au passé lorsqu'elle commença à soupçonner l'infidélité de son mari.
Il ya plusieurs semaines, elle finit par se convaincre d'aller consulter Zohra, une voyante aux dons extraordinaires.
Nous l'avions laissée terrorisée, et abattue.
Que s'est-il passé depuis?
29 octobre 2006
Endless Love
Je t’aime comme le jour, je t’aime comme l’amour
Non ! Tout ça ne veut rien dire… mon amour
Moi je t’aime tellement que je voudrais te tuer pour t’éterniser
Je t’écartèlerais pour que tes bras puissent faire le tour de nos corps enlacés
Et je me vengerais de toutes ces fois où nous avions été séparés
Je cueillerais à la racine tes cheveux un à un
Je les planterais dans un immense champ que je cultiverais patiemment
Je m’inquiéterais du trop beau temps et du manque de précipitations
Je te dépècerais et coudrais tes morceaux de peau
Je me couvrirais de toi et m'endormirais en te serrant fort
Ta peau me réchauffera dans mes longues nuits d’hiver
Tout comme elle le faisait du temps où tu étais là
J’arracherais en douceur chaque partie de ton corps
J’en ferais des bijoux plus précieux et plus éblouissants que des joyaux de Tsar
Je porterais tantôt ton œil en pendentif orné de perles
Tantôt un bracelet de tes dents serties de diamants
Je cacherais jalousement ton sang dans une coupe
Qui déchaînera des quêtes plus passionnées que celle du Saint Graal
Car ton sang est aussi sacré que celui des Dieux
Et j’accéderais à la vie éternelle en y goûtant… Ô mon amour
Je couperais ton pénis et en ferais le plus jouissif des objets sexuels
Il guérira les impuissances et les frigidités les plus désespérées
Je couperais tes mains et me les passerais sur le corps chaque soir
Ainsi, je ressentirais tes douces caresses qui me faisaient trembler de plaisir
J’enlèverais avec la plus grande délicatesse ton coeur encore palpitant
Et je l’intégrerais dans un mécanisme qui en fera la plus précise des horloges
Tes pulsations seront mes secondes, mes heures, mes jours, mes années
Je vivrais au rythme des battements de ton coeur… mon amour
J'organiserai tous les ans un dîner à ton souvenir
Je servirais à chaque fois une partie de toi
Je te déboucherais comme une bouteille digne des plus grands vignobles
Mais tu vaudras plus cher que tous ces crus exceptionnels
Tu seras toujours avec moi
Car la seule façon de te garder en vie, c’est de te donner la mort...mon amour
Non ! Tout ça ne veut rien dire… mon amour
Moi je t’aime tellement que je voudrais te tuer pour t’éterniser
Je t’écartèlerais pour que tes bras puissent faire le tour de nos corps enlacés
Et je me vengerais de toutes ces fois où nous avions été séparés
Je cueillerais à la racine tes cheveux un à un
Je les planterais dans un immense champ que je cultiverais patiemment
Je m’inquiéterais du trop beau temps et du manque de précipitations
Je te dépècerais et coudrais tes morceaux de peau
Je me couvrirais de toi et m'endormirais en te serrant fort
Ta peau me réchauffera dans mes longues nuits d’hiver
Tout comme elle le faisait du temps où tu étais là
J’arracherais en douceur chaque partie de ton corps
J’en ferais des bijoux plus précieux et plus éblouissants que des joyaux de Tsar
Je porterais tantôt ton œil en pendentif orné de perles
Tantôt un bracelet de tes dents serties de diamants
Je cacherais jalousement ton sang dans une coupe
Qui déchaînera des quêtes plus passionnées que celle du Saint Graal
Car ton sang est aussi sacré que celui des Dieux
Et j’accéderais à la vie éternelle en y goûtant… Ô mon amour
Je couperais ton pénis et en ferais le plus jouissif des objets sexuels
Il guérira les impuissances et les frigidités les plus désespérées
Je couperais tes mains et me les passerais sur le corps chaque soir
Ainsi, je ressentirais tes douces caresses qui me faisaient trembler de plaisir
J’enlèverais avec la plus grande délicatesse ton coeur encore palpitant
Et je l’intégrerais dans un mécanisme qui en fera la plus précise des horloges
Tes pulsations seront mes secondes, mes heures, mes jours, mes années
Je vivrais au rythme des battements de ton coeur… mon amour
J'organiserai tous les ans un dîner à ton souvenir
Je servirais à chaque fois une partie de toi
Je te déboucherais comme une bouteille digne des plus grands vignobles
Mais tu vaudras plus cher que tous ces crus exceptionnels
Tu seras toujours avec moi
Car la seule façon de te garder en vie, c’est de te donner la mort...mon amour
25 octobre 2006
Hommage à un Troubadour
Vents
Je suis brume, je m’extirpe de lui dans un souffle.
Soleil
Je fonds. Le sang gicle de la dilatation de ma pupille.
La veine porte se rétracte.
Ça sent la cataracte.
Feu
Je griffonne les mots avec la bile de ma bille.
Je suis noire comme ce jour de décembre.
Eau
Je me noie.
Il me regarde sans dire mot.
Regards
Silences
Regards
Silences
Regards
Il part
Je reste.
Vous n’avez rien compris à ce texte ? BEN MOI NON PLUUUUUS !!
C’est tout simplement un charabia que j’ai inventé pour exprimer la profondeur des textes de la troublante Troubadour que nous simples Humains ne pouvons comprendre.
Cette femme a du génie. Souvenez-vous d’elle et vantez-vous d’avoir pu lire un de ses textes, car elle fera un long chemin.
Je rêve du jour où ton génie sera reconnu et où ta plume s’émancipera et prendra sa place dans le trône qu’elle mérite.
Joyeux anniversaire à la plus merveilleuse et la plus compréhensive des meilleures amies.
Je t’adore… non, Je t’aime !
Je suis brume, je m’extirpe de lui dans un souffle.
Soleil
Je fonds. Le sang gicle de la dilatation de ma pupille.
La veine porte se rétracte.
Ça sent la cataracte.
Feu
Je griffonne les mots avec la bile de ma bille.
Je suis noire comme ce jour de décembre.
Eau
Je me noie.
Il me regarde sans dire mot.
Regards
Silences
Regards
Silences
Regards
Il part
Je reste.
Vous n’avez rien compris à ce texte ? BEN MOI NON PLUUUUUS !!
C’est tout simplement un charabia que j’ai inventé pour exprimer la profondeur des textes de la troublante Troubadour que nous simples Humains ne pouvons comprendre.
Cette femme a du génie. Souvenez-vous d’elle et vantez-vous d’avoir pu lire un de ses textes, car elle fera un long chemin.
Je rêve du jour où ton génie sera reconnu et où ta plume s’émancipera et prendra sa place dans le trône qu’elle mérite.
Joyeux anniversaire à la plus merveilleuse et la plus compréhensive des meilleures amies.
Je t’adore… non, Je t’aime !
09 octobre 2006
Ondes Négatives
Ne voyez-vous pas tous ces moins qui m’entourent et se dégagent de moi ?
Je suis un ion.
Avant, j’étais le plus redouté des cations.
Le cuivre m’enviait, le fer me jalousait.
Dorénavant, je ne suis plus qu’un minable petit anion.
Le chlore rit de moi, le sulfate se moque de moi.
Toi, petite créature métallique, viens me redonner ma neutralité.
Enveloppe moi de tes pensées positives.
Partage avec moi tes surcharges électriques.
Recharge moi de l’intérieur.
Quant à toi vilain ion chloré, éloigne toi de moi.
Je ne veux plus avoir affaire à des moins que rien.
Je veux un plus.
Et je n’en demanderais pas moins.
Je me suis recroquevillée.
Je serais un zéro, mais pas nulle pour autant.
Je serais une sphère ; les moins n’en seront que moins nombreux.
Plus de recoins où ils pourraient se cacher.
Ou peut-être la solution
est-elle de mettre les gaz
Et être plus solide?
J’irais de moins en moins mal.
Je serais de plus en plus bien.
Et je finirais par être plus ou moins moi.
Je suis un ion.
Avant, j’étais le plus redouté des cations.
Le cuivre m’enviait, le fer me jalousait.
Dorénavant, je ne suis plus qu’un minable petit anion.
Le chlore rit de moi, le sulfate se moque de moi.
Toi, petite créature métallique, viens me redonner ma neutralité.
Enveloppe moi de tes pensées positives.
Partage avec moi tes surcharges électriques.
Recharge moi de l’intérieur.
Quant à toi vilain ion chloré, éloigne toi de moi.
Je ne veux plus avoir affaire à des moins que rien.
Je veux un plus.
Et je n’en demanderais pas moins.
Je me suis recroquevillée.
Je serais un zéro, mais pas nulle pour autant.
Je serais une sphère ; les moins n’en seront que moins nombreux.
Plus de recoins où ils pourraient se cacher.
Ou peut-être la solution
est-elle de mettre les gaz
Et être plus solide?
J’irais de moins en moins mal.
Je serais de plus en plus bien.
Et je finirais par être plus ou moins moi.
24 septembre 2006
Approche préliminaire
L’occasion ne pouvait être plus belle, tel un oisillon qui attend sa sortie
de l’œuf, Orchea m’offre la possibilité de me dévoiler à vous.
Finalement ma « déambulation » à travers les chemins de la vie m’aura donné
l’opportunité de m’exprimer en milieu ami et continuer à tenter d’avancer
dans les dédales du futur.
Pour vous donner en quelques mots une ébauche de mon identité, j’ai répondu
présent il y a quelques jours à l’appel lancé par Orchea à la recherche de
Superman et après plusieurs lectures des critères et conditions ennonçées et
requises j’ai cru reconnaître quelques unes dans le profil, et voilà
qu’elle vous donne la possibilité aujourd’hui d’être nos témoins. D’être des
acteurs positifs à l’amorçage de cette prise de contact…Quoi de plus beau en
cette période de spiritualité renforcée.
Orchea est une fille pas comme les autres, elle lutte contre la médiocratie
et comme vous le savez elle ne se suffit pas « des queues de câpres » elle
veut le zest, la mousse de la crème, l’humus….Ceci est une chose bien
difficile de nos jours, des jours ou le matériel a enrobé l’esprit des gens
et ou les signes extérieurs de richesse l’ont emporté sur la profondeur, la
sérénité et l’harmonie sans sophistication.
Mon but dans la vie n’est pas l’accumulation de rendez vous tout azimut ni
l’extériorisation à outrance au point de fatiguer mon auditoire si même
l’abus du culte de la personnalité et de glorification, non ! Je laisse cela
à d’autres blogeurs qui excellent dans l’art, je passe seulement par là et
me réjouis de l’instant t et c’est déjà ça.
Sans prétendre rivaliser avec mes concitoyens lecteurs de ce blog, que sais
je potentiels soupirants peut être, j’ai l’orgueil de leur dire que je me
battrai tel un vaillant cavalier avec seule arme celle de jongler avec les
mots et ne conjuguer à la première personne que pour plaire à mon hotesse.
Des lectrices de ce blog, probablement un gotta intellectuel de la gente
féminine à l’esprit vif, actives et dynamiques je serai toujours à l’écoute
pour conseils et points de vues afin de débattre sur les approches qui
pourraient me rendre encore plus à la hauteur de la tache ou je me suis
empêtré.
Inouite
de l’œuf, Orchea m’offre la possibilité de me dévoiler à vous.
Finalement ma « déambulation » à travers les chemins de la vie m’aura donné
l’opportunité de m’exprimer en milieu ami et continuer à tenter d’avancer
dans les dédales du futur.
Pour vous donner en quelques mots une ébauche de mon identité, j’ai répondu
présent il y a quelques jours à l’appel lancé par Orchea à la recherche de
Superman et après plusieurs lectures des critères et conditions ennonçées et
requises j’ai cru reconnaître quelques unes dans le profil, et voilà
qu’elle vous donne la possibilité aujourd’hui d’être nos témoins. D’être des
acteurs positifs à l’amorçage de cette prise de contact…Quoi de plus beau en
cette période de spiritualité renforcée.
Orchea est une fille pas comme les autres, elle lutte contre la médiocratie
et comme vous le savez elle ne se suffit pas « des queues de câpres » elle
veut le zest, la mousse de la crème, l’humus….Ceci est une chose bien
difficile de nos jours, des jours ou le matériel a enrobé l’esprit des gens
et ou les signes extérieurs de richesse l’ont emporté sur la profondeur, la
sérénité et l’harmonie sans sophistication.
Mon but dans la vie n’est pas l’accumulation de rendez vous tout azimut ni
l’extériorisation à outrance au point de fatiguer mon auditoire si même
l’abus du culte de la personnalité et de glorification, non ! Je laisse cela
à d’autres blogeurs qui excellent dans l’art, je passe seulement par là et
me réjouis de l’instant t et c’est déjà ça.
Sans prétendre rivaliser avec mes concitoyens lecteurs de ce blog, que sais
je potentiels soupirants peut être, j’ai l’orgueil de leur dire que je me
battrai tel un vaillant cavalier avec seule arme celle de jongler avec les
mots et ne conjuguer à la première personne que pour plaire à mon hotesse.
Des lectrices de ce blog, probablement un gotta intellectuel de la gente
féminine à l’esprit vif, actives et dynamiques je serai toujours à l’écoute
pour conseils et points de vues afin de débattre sur les approches qui
pourraient me rendre encore plus à la hauteur de la tache ou je me suis
empêtré.
Inouite
17 septembre 2006
L'invité de la mariée
Qu’elle est belle cette mariée aux mains couvertes de henné
Qu’elle est belle cette mariée habillée comme une poupée
Qu’elle est belle cette mariée maquillée comme une traînée
Qu’elle est belle cette mariée prête à se faire baiser et enculer
Ce mariage est nul à chier mais vous y avez été convié
Il faut maintenant simuler et faire croire à l'assemblée
Que vous êtes ravis d'y assister et l'attendiez depuis des années
Et que vous êtes l'invité le plus heureux pour la mariée
Dégustez sans dégueuler tous ces infects petits salés
Buvez un coup pour faire passer le goût amer de cette soirée
Regardez-la et souriez, n’oubliez pas que vous êtes filmés
Les regards sont aux aguets et les mémoires sont programmées
Faites de la place à la mariée qui peut à peine se déplacer
Regardez la se tortiller dans sa keswa… Quelle mocheté !
Appréciez la voix étriquée de ce chanteur de karaoké
Mais les critiques acidulées c'est pour l’after de la soirée
Applaudissez et déhanchez au son des rythmes endiablés
Ne restez surtout pas assis même si vous ne savez pas danser
Louez une robe, maquillez vous, faites une coiffure et dépensez
Mais sachez que quoi que vous fassiez vous serez vite oublié
Au final elle s'est mariée mais elle les aura bien gonflés
A ces centaines d'invités qui n'ont fait que se moquer
De cette mémorable soirée digne d'un prince héritier
Ou plutôt d'une employée épousant un ouvrier
Ne restera de cette soirée que toutes ces dettes impayées
Les critiques et les commérages des ménagères frustrées
La VHS démodée et les souvenirs lobotomisés
D’une chaude nuit de juillet d’on ne sait plus quelle année
Qu’elle est belle cette mariée habillée comme une poupée
Qu’elle est belle cette mariée maquillée comme une traînée
Qu’elle est belle cette mariée prête à se faire baiser et enculer
Ce mariage est nul à chier mais vous y avez été convié
Il faut maintenant simuler et faire croire à l'assemblée
Que vous êtes ravis d'y assister et l'attendiez depuis des années
Et que vous êtes l'invité le plus heureux pour la mariée
Dégustez sans dégueuler tous ces infects petits salés
Buvez un coup pour faire passer le goût amer de cette soirée
Regardez-la et souriez, n’oubliez pas que vous êtes filmés
Les regards sont aux aguets et les mémoires sont programmées
Faites de la place à la mariée qui peut à peine se déplacer
Regardez la se tortiller dans sa keswa… Quelle mocheté !
Appréciez la voix étriquée de ce chanteur de karaoké
Mais les critiques acidulées c'est pour l’after de la soirée
Applaudissez et déhanchez au son des rythmes endiablés
Ne restez surtout pas assis même si vous ne savez pas danser
Louez une robe, maquillez vous, faites une coiffure et dépensez
Mais sachez que quoi que vous fassiez vous serez vite oublié
Au final elle s'est mariée mais elle les aura bien gonflés
A ces centaines d'invités qui n'ont fait que se moquer
De cette mémorable soirée digne d'un prince héritier
Ou plutôt d'une employée épousant un ouvrier
Ne restera de cette soirée que toutes ces dettes impayées
Les critiques et les commérages des ménagères frustrées
La VHS démodée et les souvenirs lobotomisés
D’une chaude nuit de juillet d’on ne sait plus quelle année
10 septembre 2006
Besoin d'ailleurs
J’ai envie de partir.
Envie de faire du mal sans que ce soit mal.
Envie de tuer, de torturer, de faire souffrir.
Envie de sourire, de faire rire, de mourir de rire.
Envie de vivre sans conscience, de m’abrutir et de m’adonner à des plaisirs bestiaux.
J’ai envie d’un endroit où, en guise de bienvenue, des Orchidées multicolores se mettraient au garde à vous.
Les arbres, les fleurs, les insectes me parleraient, les animaux danseraient et les plantes se tortilleraient au gré du vent.
Je n’aurais plus à subir les cafés entre filles où chacune parlait de son parfait petit bonheur en croyant que tout le monde était content pour elle. Je n’aurais plus à m’enticher du rôle de l’amie qui se réduisait à un « Ah oui ? Félicitations » et à des sourires figés de Miss Languedoc-Roussillon.
Je plongerais mes doigts aux ongles fraîchement manucurés dans du sable chaud et j’entendrais le bruit lointain des enfants qui se chamaillent à propos d’une pelle ou d’un râteau.
Je marcherais, sans faire exprès, sur le château de sable qu’ils construisent depuis des heures et j’éprouverais cette jouissance en voyant une immense tristesse envahir leur visage pour les amadouer d’un simple sourire.
Je m’allongerais sur un hamac, les doigts de pied en éventail et siroterais des cocktails aux mille et une couleurs avec un parapluie en plastique fait par des enfants chinois maltraités dont je me foutrais éperdument.
Je chasserais et dévorerais tous les animaux sans me soucier de la chaîne alimentaire, je privilégierais les espèces en voie de disparition. Je les dépècerais impunément et me couvrirais de leur fourrure. J’éprouverais un malin plaisir à entendre les insectes et les lézards craquer sur le feu crépitant, noircir et devenir croustillants.
Je ressentirais l’adrénaline après avoir plongé, comme chaque matin, du Choco tom dans une tasse de lait bien chaud et l’avoir ressorti victorieusement juste avant qu’il ne se fracasse.
Je courrais nue dans la Nature et sentirais mon corps ferme répondre au moindre de mes mouvements et mes seins rebondir frénétiquement. Je voudrais alors voir Pedro* courir nu dans l’autre sens, le sexe pendant, afin de me perdre dans ses bras musclés.
Mon autre bonheur du matin serait de voir Pedro (le sexe toujours aussi pendant) en peignoir blanc lisant le journal du matin en buvant son jus d’orange maltaises fraîchement pressées et l’entendre dire « C’est malheureux tous ces morts » puis se tourner vers la page sport.
Dans un élan, je me casserais une noix de coco sur le crâne sans me faire mal et boirais son lait en le laissant voluptueusement couler sur mon corps bronzé.
Je surprendrais alors le regard plein de désir de Pedro (le sexe pendant de l’autre côté) en voyant cette scène et je ferais ma difficile en le laissant croire que j’ai juste besoin de tendresse.
Mon degré de désensibilisation sera tel que plus rien ne me préoccupera autant que ma petite personne. Ni la faim, ni la misère, ni les guerres, ni les catastrophes naturelles n’auront d’effet sur moi.
Les amies se réuniront autour d’un café sans moi, les hommes poursuivront leurs croisades en s’entretuant avec barbarie et les morts continueront à se faire manger par les vers… Moi, je serais enfin libre, car subir ce monde est le plus grands des fardeaux.
(*)Pedro est un mec indescriptible, mais crois-moi il est parfait !
Envie de faire du mal sans que ce soit mal.
Envie de tuer, de torturer, de faire souffrir.
Envie de sourire, de faire rire, de mourir de rire.
Envie de vivre sans conscience, de m’abrutir et de m’adonner à des plaisirs bestiaux.
J’ai envie d’un endroit où, en guise de bienvenue, des Orchidées multicolores se mettraient au garde à vous.
Les arbres, les fleurs, les insectes me parleraient, les animaux danseraient et les plantes se tortilleraient au gré du vent.
Je n’aurais plus à subir les cafés entre filles où chacune parlait de son parfait petit bonheur en croyant que tout le monde était content pour elle. Je n’aurais plus à m’enticher du rôle de l’amie qui se réduisait à un « Ah oui ? Félicitations » et à des sourires figés de Miss Languedoc-Roussillon.
Je plongerais mes doigts aux ongles fraîchement manucurés dans du sable chaud et j’entendrais le bruit lointain des enfants qui se chamaillent à propos d’une pelle ou d’un râteau.
Je marcherais, sans faire exprès, sur le château de sable qu’ils construisent depuis des heures et j’éprouverais cette jouissance en voyant une immense tristesse envahir leur visage pour les amadouer d’un simple sourire.
Je m’allongerais sur un hamac, les doigts de pied en éventail et siroterais des cocktails aux mille et une couleurs avec un parapluie en plastique fait par des enfants chinois maltraités dont je me foutrais éperdument.
Je chasserais et dévorerais tous les animaux sans me soucier de la chaîne alimentaire, je privilégierais les espèces en voie de disparition. Je les dépècerais impunément et me couvrirais de leur fourrure. J’éprouverais un malin plaisir à entendre les insectes et les lézards craquer sur le feu crépitant, noircir et devenir croustillants.
Je ressentirais l’adrénaline après avoir plongé, comme chaque matin, du Choco tom dans une tasse de lait bien chaud et l’avoir ressorti victorieusement juste avant qu’il ne se fracasse.
Je courrais nue dans la Nature et sentirais mon corps ferme répondre au moindre de mes mouvements et mes seins rebondir frénétiquement. Je voudrais alors voir Pedro* courir nu dans l’autre sens, le sexe pendant, afin de me perdre dans ses bras musclés.
Mon autre bonheur du matin serait de voir Pedro (le sexe toujours aussi pendant) en peignoir blanc lisant le journal du matin en buvant son jus d’orange maltaises fraîchement pressées et l’entendre dire « C’est malheureux tous ces morts » puis se tourner vers la page sport.
Dans un élan, je me casserais une noix de coco sur le crâne sans me faire mal et boirais son lait en le laissant voluptueusement couler sur mon corps bronzé.
Je surprendrais alors le regard plein de désir de Pedro (le sexe pendant de l’autre côté) en voyant cette scène et je ferais ma difficile en le laissant croire que j’ai juste besoin de tendresse.
Mon degré de désensibilisation sera tel que plus rien ne me préoccupera autant que ma petite personne. Ni la faim, ni la misère, ni les guerres, ni les catastrophes naturelles n’auront d’effet sur moi.
Les amies se réuniront autour d’un café sans moi, les hommes poursuivront leurs croisades en s’entretuant avec barbarie et les morts continueront à se faire manger par les vers… Moi, je serais enfin libre, car subir ce monde est le plus grands des fardeaux.
(*)Pedro est un mec indescriptible, mais crois-moi il est parfait !
22 août 2006
Mon homme, ce héros

Pourquoi les super héros n’existent que dans les films ?
Pourquoi je ne rentre pas chez moi chaque soir en Batmobile ou dans les bras d’un homme volant ?
Pourquoi je ne partage pas ma vie avec un homme qui soit employé de banque le jour et Justicier masqué la nuit?
Et pourtant je ne suis pas très exigeante ! UN super pouvoir, rien qu’un seul !
N’importe quel truc magique dont je pourrais me vanter !
Qu’il pète du souffre, qu’il chie des tomahawks, qu’il pisse de l’acide, qu’il sache jongler avec ses couilles, que ses tétons lâchent des missiles, que son crachat contienne un poison mortel. Est-ce vraiment trop demander ?
Je veux un homme qui posséderait un pouvoir rien qu’à lui, que lui envierait la Terre entière et avec lequel il pourrait combattre tous les méchants.
Je veux un homme avec qui je vivrais dans une ville obscure où le mal règnerait en maître et qui répondrait au doux nom de Gloris City.
Je veux un homme dont l’armoire possèderait un compartiment secret qui contiendrait tous ses costumes de super héros ! Non, je n’ai pas honte de le dire, je veux un homme qui porte des collants mettant en valeur son organe génital au repos.
Je veux un homme qui ne rentre pas par la porte après le boulot ! Qu’il rampe, qu’il traverse les murs, qu’il se téléporte ! Un truc moins prévisible et moi routinier que son « toc totoc toc » pour m’avertir que c’est bien lui qui se trouve derrière la porte, chose que j’aurais de toute façon devinée vu qu’il rentre chaque soir à 18h27 tapante.
Je ne veux plus d’hommes qui pissent dans leurs frocs à la vue d’un type louche au coin d’une rue légèrement sombre.
Je ne veux pas d’une racaille qui a connu un exode dentaire, avec un tatouage représentant un dragon crachant du feu et des inscriptions gothiques indéchiffrables et dont le corps a soigneusement gardé les traces de toutes ses sorties de boîte !
Je ne veux pas d’un homme qui se booste au Shark et au Red Bull. Je veux un homme naturellement fort, qui ait l’allure d’un héros sans pour autant avoir un passé de videur de boîte de nuit et musclé sans être accro aux anabolisants.
Qu’une fille qui n’a jamais fantasmé sur un mec dont l’intérieur des ongles est recouvert de sang coagulé et de bouts de peau ou qui n’a pas salivé au moins une fois sur les dents métalliques de Joey Starr me jette la première pierre !
Je veux un homme qui me sécurise et me fasse vivre une idylle passionnée. Je veux un homme hors du commun. Je veux un HOMME !
Où est cet amour passion qui vous transperce le cœur, habite chaque infime partie de votre corps, vous ronge de l’intérieur ?
Toi, homme fort, fais moi rêver ! Rends moi invisible, change moi de couleur, transforme moi en poireau, étonne moi !! Je veux me sentir exceptionnelle à travers toi !
L’orchidée a besoin de vivre dans l’illusion.
L’orchidée est une fleur bleue.
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