10 septembre 2006

Besoin d'ailleurs

J’ai envie de partir.
Envie de faire du mal sans que ce soit mal.
Envie de tuer, de torturer, de faire souffrir.
Envie de sourire, de faire rire, de mourir de rire.
Envie de vivre sans conscience, de m’abrutir et de m’adonner à des plaisirs bestiaux.

J’ai envie d’un endroit où, en guise de bienvenue, des Orchidées multicolores se mettraient au garde à vous.
Les arbres, les fleurs, les insectes me parleraient, les animaux danseraient et les plantes se tortilleraient au gré du vent.

Je n’aurais plus à subir les cafés entre filles où chacune parlait de son parfait petit bonheur en croyant que tout le monde était content pour elle. Je n’aurais plus à m’enticher du rôle de l’amie qui se réduisait à un « Ah oui ? Félicitations » et à des sourires figés de Miss Languedoc-Roussillon.

Je plongerais mes doigts aux ongles fraîchement manucurés dans du sable chaud et j’entendrais le bruit lointain des enfants qui se chamaillent à propos d’une pelle ou d’un râteau.
Je marcherais, sans faire exprès, sur le château de sable qu’ils construisent depuis des heures et j’éprouverais cette jouissance en voyant une immense tristesse envahir leur visage pour les amadouer d’un simple sourire.

Je m’allongerais sur un hamac, les doigts de pied en éventail et siroterais des cocktails aux mille et une couleurs avec un parapluie en plastique fait par des enfants chinois maltraités dont je me foutrais éperdument.

Je chasserais et dévorerais tous les animaux sans me soucier de la chaîne alimentaire, je privilégierais les espèces en voie de disparition. Je les dépècerais impunément et me couvrirais de leur fourrure. J’éprouverais un malin plaisir à entendre les insectes et les lézards craquer sur le feu crépitant, noircir et devenir croustillants.

Je ressentirais l’adrénaline après avoir plongé, comme chaque matin, du Choco tom dans une tasse de lait bien chaud et l’avoir ressorti victorieusement juste avant qu’il ne se fracasse.

Je courrais nue dans la Nature et sentirais mon corps ferme répondre au moindre de mes mouvements et mes seins rebondir frénétiquement. Je voudrais alors voir Pedro* courir nu dans l’autre sens, le sexe pendant, afin de me perdre dans ses bras musclés.

Mon autre bonheur du matin serait de voir Pedro (le sexe toujours aussi pendant) en peignoir blanc lisant le journal du matin en buvant son jus d’orange maltaises fraîchement pressées et l’entendre dire « C’est malheureux tous ces morts » puis se tourner vers la page sport.

Dans un élan, je me casserais une noix de coco sur le crâne sans me faire mal et boirais son lait en le laissant voluptueusement couler sur mon corps bronzé.
Je surprendrais alors le regard plein de désir de Pedro (le sexe pendant de l’autre côté) en voyant cette scène et je ferais ma difficile en le laissant croire que j’ai juste besoin de tendresse.

Mon degré de désensibilisation sera tel que plus rien ne me préoccupera autant que ma petite personne. Ni la faim, ni la misère, ni les guerres, ni les catastrophes naturelles n’auront d’effet sur moi.

Les amies se réuniront autour d’un café sans moi, les hommes poursuivront leurs croisades en s’entretuant avec barbarie et les morts continueront à se faire manger par les vers… Moi, je serais enfin libre, car subir ce monde est le plus grands des fardeaux.

(*)Pedro est un mec indescriptible, mais crois-moi il est parfait !

15 commentaires:

Big Trap Boy a dit…

Sympa le texte, mais c'est ce qu'on fait presque tous, inconsciemment, tout les jours: courir vers son petit bonheur égoiste et fermer les yeux sur la misère du monde. C'est la nature humaine.

L`3p0uVAnt4BL3 3Pouv4nT4iL a dit…

toi il faut vite te caser avant que ta case en moins ne...;)

Mira a dit…

humain , trop humain :)

Oueld El 7aj a dit…

wayyy O_O houa wena 9a3ed 3al korssi bech n5ammem ... we bech n9oul ezza7 lazemni netbaddel ... yé5i méthamma ken ena fi hal kawkeb ... ema stanna n9oum mel korssi taw narja3 kel 3ada n3affes we nraffes felli yo3redhni
@Big_Trap_Boy : mthabbet elli heya humaine hal nature :)

Nomade a dit…

Si j'ose le faire, je qualifierai toutes ces aspirations d'Orchéa en une volonté de croquer son mal de vivre à pleines dents, à défaut de le faire pour une vie qui ne vaut plus le sous, un vieux de la vieille m'a dit un jour "Tu veux surmonter ton mal de vivre ? Alors essaie de vivre en Tunisie comme un coopérant", mais apparemment il faudrait désormais songer à vivre dans ce monde comme étant un extraterrestre pour surclasser tous ces maux ; trés touchant au fond ton post Orchéa , merci

EMMA BENJI a dit…

ya des moments, ou periodes ou on se sent mal, ou on a envie de changement... et laissons l'imagianire rever de la situation ou on se sentirait bien...
Sauf que, quand on se sent mal, on peut meme etre au paradis, ca ne changera rien!
Bref, ca passera... et j'espere que tu croiseras ton "pedro"

Hayy a dit…

Plus le reve est beau, plus le reveil sera dur..

A Girl in the Moon a dit…

je n'ai jamais cru qu'une orchidée pouvait se livrer de la sorte :))

nasr a dit…

ce texte est si nu.. merci.

fatalis a dit…

l'écriture est aussi libre que la Fleur se sent prisonnière...

sami (RSprod) a dit…

l'orchidée est une fleur fragile....surtout pendant sa jeunesse

j'ai pas compris pendre de l'autre coté....
pas grave :)

La Blogeuse a dit…

superbe texte, très touchant ...

ORchea a dit…

@trap_boy: le blem n'est pas de fermer les yeux, le blem c que je la subis

@epouvantail: ne quoi? u talkin' to me? u talkin' to me?

@mira: et pourtant si inhumain! :-(

@oueldel haj: billahi stanna nimchi npatchi edécodeur khater dhaher fik wallit crypté inti

@nomade: mais ose donc cher ami, tu le fais si bien! ;-)

@emmabenji: non laissons mon pedro pr mon imaginaire. Mes fantasmes ne peuvent se suffire que du parfait, la réalité est bcp moins exigeante... heu... tu comprends ce que je dis là?

@haifa: c plutot le contraire
c la réalité qui rend les rêves si beaux...

@AGITM: je me surprends moi mm!

@nasr: huuuh! yezzi yezzi! ritni 3iryena?!

@fatalis: oui prisonnière de moi mm et des autres, mais shhht ça reste entre ns...

@sami: ma3netha pedro ne bouffe pas de snickers (khater "snickers, lé twaguéf" ... c pas moi qui l'ait dit)

@lablogueuse: je pensais me faire lyncher mais merci de ne pas le prendre au 1er degré.

Mia a dit…

Je ne me lasse pas de relire. J'adore .

Rue de la paix a dit…

Le texte je kiffe, le concept, je kiffe... mais tu sais tu devrais faire un jeu video (vend le copyright à EA games, ils sont pétés de tunes) et ils nous ferons un jeu de simulation ou on pourra tous faire ça... je serais la première à l'acheter...a une condition que chacun puisse faire son pédro comme il veut...:)