J’en ai marre de voir les mêmes publicités sur les mêmes produits !
Des pubs sur des yaourts qui contiennent des bactéries améliorant le transit intestinal, mais qui n’ont toujours pas mis fin à votre dépendance au Microlax.
Des pubs sur des lessives qui montrent des gosses en train de se tortiller dans la boue et leurs mères exhibant un sourire niais, tandis que, bizarrement, la vôtre, vous fout un baffe qui vous retourne trois fois les yeux dans leur orbite quand vous lui ramenez votre survet’ crados après un match de foot.
Des pubs sur des boissons tellement gazeuses qu’elles vous transforment en ballon de baudruche ou en montgolfière, et qu’au moindre rototo vous risquez la syncope.
Moi ce que je veux, c’est des pubs pour des produits miracles, des produits qui nous changeraient la vie ! Le genre de produits, comment vous expliquer… tu vois la pub, tu sors à minuit de chez toi chercher un magasin ouvert pour l’acheter. Ça ne peut pas attendre le lendemain ! Tu ne pourras pas trouver le sommeil si tu ne t’endors pas ce soir là en le regardant sur ta table de chevet, ou, pour les plus passionnés, en le serrant bien fort.
C’est le produit que t’as attendu toute ta vie, t’as l’impression d’avoir vécu rien que pour ça et tu te sens fier d’appartenir au siècle qui a vu son invention !
Je rêve de voir un jour ce genre de publicités :
Votre passé vous hante ? Vous avez trop de souvenirs refoulés et des pensées obscures ?
MASTERESET est LE produit qu’il vous faut !
Premier lobotomiseur à usage domestique, il vous fera voir à nouveau la vie en rose.
Chassez vos souvenirs, redémarrez à zéro et revendiquez votre mémoire de poisson rouge.
Un patron qui vous tape sur les nerfs* ? Faites appel à un professionnel.
Né de la toute dernière génération de tueurs à gages, voici KILLBOSS, un robot conçu pour une seule mission, celle d’éradiquer votre patron.
Une fois la cible éliminée, il s’autodétruit automatiquement et ne laisse aucune trace pouvant vous impliquer dans le crime.
* En vente sur présentation d’une vidéo justificative et après acceptation de votre dossier.
Jeune drogué, tu as tout essayé, tu es fatigué mais tu as toujours envie d’ailleurs ? Ceci est pour toi !
Voici TRIPDIFFERENT, les premières gélules conçues à partir de champignons hallucinogènes génétiquement modifiés.
Les gélules sont classées par thème (visite culturelle cosmique, voyage psychédélique autour de ta chaise, buddha experience, danse karmique, extase sur les mains…) et par destination (Iles Hawaï, Never–land, Inde, Shangaï sud-est…).
Fais ton trip sur commande et sans effets secondaires ou indésirables.
(Attention ! Une consommation abusive entraîne des flatulences)
Vos couilles vous grattent trop souvent et vous avez honte de vous toucher en public ?
Les enfants se moquent de vos grattage intempestifs en vous jetant des cailloux ?
Les gens vos traitent de pervers ?
Voici en exclusivité le premier caleçon* comprenant un système de grattage incorporé.
Des microdoigts assurent le grattage permanent de vos couilles, vous procurant ainsi une agréable sensation de quiétude et de jouissance.
Possibilité de programmes : grattage doux, grattage intensif, spécial morpions…
*Existe aussi en slip et en string fil de pêche.
Obtenez votre diplôme avec de simples injections. Les laboratoires jmelacouledouce viennent de mettre au point des injections qui vous permettront d’acquérir tout le bagage culturel et le Savoir dont vous avez besoin.
Les injections peuvent être prescrites dans le cadre de la préparation d’un diplôme particulier ou pour maîtriser tout domaine de la Connaissance et du Savoir.
Vous n’aurez aucun mal à identifier ce que vous recherchez !
Les résultats sont prouvés scientifiquement*.
* test réalisé sur un échantillon représentatif d’attardés mentaux.
NB : pour les blondes, les doses doivent être triplées.
Du nouveau dans le domaine des énergies renouvelables.
ENERSHIT est un appareil ultra sophistiqué et révolutionnaire à brancher sur la cuvette de vos toilettes. Il recycle vos matières fécales en énergie et assure ainsi vos besoins en électricité et en chaleur à longueur de temps.
Plus vous chiez, plus vous économisez !
En attendant, continuons à nous abrutir devant des produits qui transforment le luxe en besoin et à sauter de joie à la sortie d’un nouveau yaourt aux fruits mixés ou d’une barre chocolatée fourrée au caramel.
29 avril 2006
20 avril 2006
Un Bonheur à l'Imparfait
Depuis quelques temps, Madame Naziha vit un véritable bouleversement. Sa forme est au plus bas, sa tête bouillonne, et avouez qu’un chaos psychologique pour une femme qui ne possède que deux neurones, c’est terriblement dur à gérer.
Rassurez-vous, elle est toujours riche. Enfin, son mari est toujours riche.
Entre autres choses, les biens immobiliers que possède son mari, les feraient vivre en rentiers sur cinq générations si ses entreprises venaient à faire faillite. Et connaissant l’empire économique de son mari, qui dépasse de loin le PIB du Bengladesh, la faillite résulterait d’une cascade de bouleversements digne d’un Big Bang. Il n’est donc pas et ne sera, sans nul doute, jamais question de problèmes financiers avec Madame Naziha.
Mais Madame Naziha, plus que quiconque, vous dira, avec ce ton narquois mais non moins convaincu, que « l’argent ne fait pas le bonheur ». Il est, certes, plus facile d’ériger ces expressions préconstruites quand on croule sous les milliards. Un clochard en haillons ne vous dira jamais que « l’habit ne fait pas le moine », de même qu’on ne verra jamais un moine se balader en short et en tong à l’église.
Mais quels peuvent être les soucis d’une femme dont le destin pourrait constituer un conte fabuleux des frères Grimm ou dont la vie ferait un excellent scénario de téléfilm de 13h30 sur M6?
Madame Naziha doute. Madame Naziha suspecte. Madame Naziha affabule.
Il rentre tard. Ses portables sont éteints. Il a une odeur inhabituelle. Il porte son meilleur costume. Il se rase et change de caleçon tous les jours. Il a acheté un nouveau parfum. Il semble rajeunir de jour en jour.
Il ? Si Lamine, son mari.
Oui, de premier abord, ça paraît tellement saugrenu comme hypothèse. Comment un thon comme lui peut-il séduire une femme, si laide Soit-elle ?
Mais Naziha se rappelle bien que, plus jeune, elle avait fait de cet homme son mari bien qu’elle le trouvait répugnant. Elle se souvient aussi qu’à l’époque, il y avait un mariage à la clé. Ce n’était plus le cas…
Et puis, l’âge et l’argent avaient fait don à Si Lamine d’un charme introuvable chez lui jusqu’à présent. Aussi surprenant que ça puisse sembler, il passait dorénavant parfaitement bien en société. Une fois, à la sortie d’une pièce de théâtre, Madame Naziha avait même surpris des regards que lui avaient lancé un groupe de femmes esseulées.
Certes, ces regards étaient furtifs, mais pour elle, ils étaient notables au vu de l’indifférence qui se lisait d’habitude sur le visage des gens lorsque son mari passait devant eux. En temps normal, il suffisait de voir une fois Si Lamine pour l’oublier à tout jamais. Mais là, visiblement, la roue tournait, et pas dans le sens de notre pauvre Naziha…
A 62 ans, il était au paroxysme de sa libido. Guidé par ses pulsions sexuelles, par sa recherche quasi instinctive du plaisir, Si Lamine embellissait. Ses cheveux dont il assumait parfaitement la blancheur, les rides qui lui sillonnaient le visage, son ventre qui écartait les boutons de sa chemise pour se laisser découvrir, c’est chaque infime partie de son corps qui vous appelait à lui. Et ça, Madame Naziha ne pouvait pas le contrôler, elle se contentait d’en faire la triste constatation.
Désormais, Madame Naziha n’avait plus que sa bouée de graisse pour l’empêcher de se noyer dans son chagrin. Elle la regardait avec regret. Ses amies lui avaient à maintes fois conseillée de sauter le pas et de subir cette fameuse intervention de liposuccion, mais il lui semblait évident qu’il l’aime et l’aimerait toujours malgré ses kilos. « Le lifting attendra » se contentait-elle de répondre d’un air condescendant. Le Temps ne vous attend pas Madame Naziha, il vous rattrape, vous dépasse et vous nargue. Et qui plus est dans votre cas, le Temps a dû bien rire de vous.
Elle ne pouvait en vouloir à Si Lamine. C’est, du moins, ce qu’elle pensait.
En fin de compte, elle se disait qu’elle l’avait bien cherché. A vouloir se réaliser à travers ses tableaux, elle avait fini par écarter son mari. Elle pensait se démarquer de lui, elle l’avait éloigné de son corps, qui n’exerçait déjà pas une grande attraction. Attraction désastre, en l’occurrence…
Les hommes sont faibles, les femmes sont démoniaques et elle était de moins en moins attirante : toute cette conjoncture expliquait parfaitement bien la situation.
Que ne donnerait-elle pas maintenant pour se confondre à nouveau à cette image de potiche dont elle voulait se défaire à tout prix. Mais Si Lamine ne l’emmenait plus nulle part. Elle le suppliait. Il se contentait de répondre hâtivement : « C’est un dîner professionnel ». Il lui servait le mot « professionnel » à toutes les sauces, c’était devenu son exutoire, son alibi face à toutes les présomptions qu’elle émettait.
Et elle l’avait déjà condamné sur ces simples présomptions.
(A suivre…)
Rassurez-vous, elle est toujours riche. Enfin, son mari est toujours riche.
Entre autres choses, les biens immobiliers que possède son mari, les feraient vivre en rentiers sur cinq générations si ses entreprises venaient à faire faillite. Et connaissant l’empire économique de son mari, qui dépasse de loin le PIB du Bengladesh, la faillite résulterait d’une cascade de bouleversements digne d’un Big Bang. Il n’est donc pas et ne sera, sans nul doute, jamais question de problèmes financiers avec Madame Naziha.
Mais Madame Naziha, plus que quiconque, vous dira, avec ce ton narquois mais non moins convaincu, que « l’argent ne fait pas le bonheur ». Il est, certes, plus facile d’ériger ces expressions préconstruites quand on croule sous les milliards. Un clochard en haillons ne vous dira jamais que « l’habit ne fait pas le moine », de même qu’on ne verra jamais un moine se balader en short et en tong à l’église.
Mais quels peuvent être les soucis d’une femme dont le destin pourrait constituer un conte fabuleux des frères Grimm ou dont la vie ferait un excellent scénario de téléfilm de 13h30 sur M6?
Madame Naziha doute. Madame Naziha suspecte. Madame Naziha affabule.
Il rentre tard. Ses portables sont éteints. Il a une odeur inhabituelle. Il porte son meilleur costume. Il se rase et change de caleçon tous les jours. Il a acheté un nouveau parfum. Il semble rajeunir de jour en jour.
Il ? Si Lamine, son mari.
Oui, de premier abord, ça paraît tellement saugrenu comme hypothèse. Comment un thon comme lui peut-il séduire une femme, si laide Soit-elle ?
Mais Naziha se rappelle bien que, plus jeune, elle avait fait de cet homme son mari bien qu’elle le trouvait répugnant. Elle se souvient aussi qu’à l’époque, il y avait un mariage à la clé. Ce n’était plus le cas…
Et puis, l’âge et l’argent avaient fait don à Si Lamine d’un charme introuvable chez lui jusqu’à présent. Aussi surprenant que ça puisse sembler, il passait dorénavant parfaitement bien en société. Une fois, à la sortie d’une pièce de théâtre, Madame Naziha avait même surpris des regards que lui avaient lancé un groupe de femmes esseulées.
Certes, ces regards étaient furtifs, mais pour elle, ils étaient notables au vu de l’indifférence qui se lisait d’habitude sur le visage des gens lorsque son mari passait devant eux. En temps normal, il suffisait de voir une fois Si Lamine pour l’oublier à tout jamais. Mais là, visiblement, la roue tournait, et pas dans le sens de notre pauvre Naziha…
A 62 ans, il était au paroxysme de sa libido. Guidé par ses pulsions sexuelles, par sa recherche quasi instinctive du plaisir, Si Lamine embellissait. Ses cheveux dont il assumait parfaitement la blancheur, les rides qui lui sillonnaient le visage, son ventre qui écartait les boutons de sa chemise pour se laisser découvrir, c’est chaque infime partie de son corps qui vous appelait à lui. Et ça, Madame Naziha ne pouvait pas le contrôler, elle se contentait d’en faire la triste constatation.
Désormais, Madame Naziha n’avait plus que sa bouée de graisse pour l’empêcher de se noyer dans son chagrin. Elle la regardait avec regret. Ses amies lui avaient à maintes fois conseillée de sauter le pas et de subir cette fameuse intervention de liposuccion, mais il lui semblait évident qu’il l’aime et l’aimerait toujours malgré ses kilos. « Le lifting attendra » se contentait-elle de répondre d’un air condescendant. Le Temps ne vous attend pas Madame Naziha, il vous rattrape, vous dépasse et vous nargue. Et qui plus est dans votre cas, le Temps a dû bien rire de vous.
Elle ne pouvait en vouloir à Si Lamine. C’est, du moins, ce qu’elle pensait.
En fin de compte, elle se disait qu’elle l’avait bien cherché. A vouloir se réaliser à travers ses tableaux, elle avait fini par écarter son mari. Elle pensait se démarquer de lui, elle l’avait éloigné de son corps, qui n’exerçait déjà pas une grande attraction. Attraction désastre, en l’occurrence…
Les hommes sont faibles, les femmes sont démoniaques et elle était de moins en moins attirante : toute cette conjoncture expliquait parfaitement bien la situation.
Que ne donnerait-elle pas maintenant pour se confondre à nouveau à cette image de potiche dont elle voulait se défaire à tout prix. Mais Si Lamine ne l’emmenait plus nulle part. Elle le suppliait. Il se contentait de répondre hâtivement : « C’est un dîner professionnel ». Il lui servait le mot « professionnel » à toutes les sauces, c’était devenu son exutoire, son alibi face à toutes les présomptions qu’elle émettait.
Et elle l’avait déjà condamné sur ces simples présomptions.
(A suivre…)
09 avril 2006
Le bain de H'lima

H’lima ne rate jamais son Hammam du dimanche. Plus qu’une habitude, c’est un rituel.
Elle s’habille d’une nudité impudique et entame sa course à la propreté.
Dans cet espace, il n’y a plus de place à la féminité. Elle, de nature si douce, si fine se mue en un prédateur féroce qui traque sans merci les seaux d’eau chaude.
Celle qui a le malheur de s’aventurer à lui prendre son seau, aura droit à un regard plus perçant qu’un faisceau laser et à un rugissement dissuasif.
Les femmes sont des dockers qui transportent leurs seaux avec détermination.
Le parcours de H’lima est tracé comme un circuit de Formule 1.
Elle commence par la chambre chaude, cette salle magique qui a le pouvoir de transformer un être humain en pruneau desséché.
La chambre chaude, c’est encore mieux qu’un cachet d’ecstasy, c’est encore plus fort qu’un champignon hallucinogène, c’est encore plus doux qu’une herbe de Colombie.
Ça transformerait Hitler en Bob Marley, Sharon en Doc Gyneco.
Elle sue, étouffe, se vide de toute son eau et s’abandonne à une douce asthénie.
A ses côtés, d’autres femmes se laissent, également, entraîner par la chaleur enivrante de la vapeur.
Après plus de 40 minutes, elle se traîne vers la salle intermédiaire.
Là, tous les vices sont permis, on voit ce qu’on ne devrait pas voir et on entre de façon abrupte dans l’intimité d’autrui, dans tout ce qu’elle comporte de plus répugnant.
Les ménagères sans complexes exhibent leurs corps difformes et leurs pilosités envahissantes dans une nudité obscène.
Un groupe, en particulier, attire son attention. Quatre femmes nues comme des vers, affalées sur le marbre humide, les bras ornés de bagues et de bracelets en or jaune canari. Elles habillent cette vision malsaine de propos matérialistes et terre-à-terre, piaillent et lapident leurs connaissances communes en ponctuant leurs attaques de « la pauvre », « elle est si jeune », « elle était belle pourtant » et autres expressions qui leur donnent bonne conscience.
H’lima ne peut s’empêcher de regarder ces femmes avec dégoût. Un troupeau de Naziha venu se repaître à un point d’eau.
H’lima va alors vivre le moment crucial de toute cette expérience fantasmagorique : le frottement au gant de crin. Rares sont celles qui veulent le pratiquer seules. Toute l’ampleur de cet acte prend effet lorsqu’il est accompli par les gourous du hammam, ces camionneurs à la langue fourchue et à la gestuelle expressive incarnées dans un corps de femme. Elles se disputent les clientes comme deux prostituées sur le même trottoir.
H’lima se laisse manipuler et pétrir par cette femme qui l’exorcise de sa saleté.
Les Naziha en font de même. Mais leurs masseuses les traitent avec plus de délicatesse. On ne manie pas de la même manière le plastique et la porcelaine fusse t’elle épaisse et fine comme du béton.
Obscure pathologie sortie tout droit des enfers, après s'être abondamment et frénétiquement laissées frotter avec ce gant de crin, disponible dans tous les sex shop comme accessoire sado maso (rayon "trash"), elles regardent s'amasser les petits vers grisâtres que forment leur saleté en jouissant de cette vision. Leur crasse, c'est de la crasse "riche", elles en ont bavé pour l'obtenir...
H’lima regarde l’eau dévaler les courbes sinueuses de leur graisse et se charger de leurs vers grisâtres comme une source qui s’enrichit en minéraux en parcourant une montagne rocheuse.
Les crasses des ces femmes se mêlent à la sienne et s’évacuent en file indienne dans un ruissellement d’eau de lavage marron, de shampoings et de pelotes de chevelure crépue.
Comme revêtie d’une seconde peau, H’lima renaît.
Dans la dernière chambre, un semblant d’humanité commence à se faire ressentir.
Epanouies, exténuées par leur épopée, les femmes s’y reposent.
Elles rigolent, se disent des gentillesses, et sirotent joyeusement leurs Boga cidre ou leurs Fanta tout en cachant leurs tares dans des vêtements qui créent l’illusion de leur beauté et les replacent dans leur contexte social. Les seins pendants jusqu’au ventre de l’une, la cellulite capitonnée de l’autre ne sont plus qu’un souvenir… Les Naziha et les H’lima retournent chacune dans son monde.
Il n'y a que la crasse que les Naziha acceptent de partager...
03 avril 2006
Station Innocence, Terminus

Cela va faire bientôt 30 minutes qu’elle attend…
Comme à chaque jour, après avoir fini ses cours, elle parcourt les 500 mètres qui séparent son lycée de l’arrêt du bus. Là, elle attend… elle attend… elle attend…
Elle attend ce bus qui, une fois sur deux, ne s’arrêtera pas à la station. Ce bus bondé, qui contient parfois le triple de ce qu’il devrait contenir, qui penche dangereusement vers la gauche et dont des têtes dépassent des fenêtres et des portes comme du bétail en route vers l’abattoir.
Si elle a de la chance, il ne sera pas trop rempli aujourd’hui. Et elle pourra espérer être chez elle dans une heure.
Il arrive enfin… ça se précipite vers la porte. Et elle, toute menue, se fait écraser par une masse animée par le même but : monter à tout prix. Mais a-t-elle le droit de les blâmer ? Elle est comme eux, avec eux ?...
A l’intérieur, une chaleur étouffante, une atmosphère asphyxiante et une odeur nauséabonde de cigarettes bon marché imprégnée dans les vêtements, mélangée à un cocktail explosif d’odeurs corporelles.
Elle s’est habituée, ou du moins essaie… Elle avance, entraînée par le mouvement lent et irrégulier de la masse.
Des têtes de tous genres… la plupart, des ouvriers rentrant des chantiers, des maçons, des vieux aigris et d’autres échantillons de l’espèce humaine.
Elle continue d’avancer… et soudain elle ressent un contact étrange.
On lui colle de trop près. Elle bouge, mais ça se remet inéluctablement en place…
Elle se retourne.
Un homme d’une trentaine d’année. Il lui lance un regard d’une perversité à vous glacer le sang. C’est tout ce qu’elle verra de lui.
Il se rapproche encore et encore… elle sent sa main qui lui caresse les fesses et traverse son intimité, elle sent son organe qui se durcit à son contact.
Et elle ne peut dire un mot. Elle se tait. Elle a peur et ne sait comment réagir.
Elle est jeune, innocente. Elle l’était… Dorénavant, elle le sera moins.
Elle s’imagine se retournant et lui donnant une baffe. Non, elle ne peut pas ! Elle n’ose pas… Elle se tait et subit…
Son mutisme est un consentement pour son « violeur ». Il continue impunément à se livrer à ses petits plaisirs obscènes.
La file n’avance pas.
Indifférents, ils sont tous complices à ses yeux. Leur statisme a la délicatesse de se maquiller en impuissance. Personne ne voit, ne la voit. Tout ce petit monde est soudain frappé de cécité…
L’attente lui semble interminable.
Ca bouge enfin… elle se libère de se corps qui s’était imbriqué en elle.
Elle descend, les larmes aux yeux.
Elle a honte… et elle n’en parlera pas.
Elle le reverra, presque chaque jour, dans ce même bus. Il ne la reconnaîtra pas mais elle, elle n’oubliera jamais ce visage impassible et ce regard de vicelard.
Lui, se trouvera encore d’autres victimes et aura encore quatre érections avant d’arriver chez lui.
Le scénario se perpétuera…
Du bus de l'innocence, tout le monde finit par descendre un jour. L'arrêt est juste arrivé un peu plus vite que prévu pour elle…
30 mars 2006
Microcosmos

Ça devait arriver…
Ça y est ! C’est le début de l’aliénation…
En ce moment, je vois ce que je ne suis pas censée voir…
J’ai basculé dans une autre échelle…
En fait, je crois que je suis en train de me transformer en particule microscopique.
Je LES vois.
J’ai accédé à LEUR monde.
Avant, je connaissais leur présence sans m’en préoccuper outre mesure, mais là, je commence à penser que les microbes ont une mission, celle de nous éradiquer !
Nous sommes infestés par ce microcosmos, les microbes nous côtoient et nous parasitent !
Quand je dois ouvrir une porte, j’y pense à deux fois avant d’attraper la poignée, je la regarde et je les vois ! Ils me regardent sournoisement, ils sont verts ou gris et ils ont des crocs, et de la bave partout.
Y a plusieurs espèces dans leur monde, parce que j’en vois d’autres, des longilignes qui n’ont pas d’ yeux. Ce sont sûrement les gentils du monde microscopique. Y a des ovales aussi mais, apparemment, ceux là, ce sont des attardés mentaux inoffensifs.
Et les acariens, j’en vois aussi, sur mon oreiller, sur mes draps, sur mon lit… ils laissent leur crotte partout, ils se nourrissent des fibres de mes tissus et je m’imagine des bébêtes dans mes cheveux, sur mes vêtements… partout, partout, PARTOUT !!!!
Je suis dégoûtée à l’idée de penser qu’à chaque fois que je touche quelque chose, ils se servent de moi comme d’un bus pour aller ailleurs… En fait, les transports en commun des bactéries ce sont nous, les humains ! Elles guettent l’arrivée d’un humain et sautent dessus pour étendre leur invasion.
Même l’eau du robinet commence sérieusement à me faire peur, j’en vois qui nagent tranquillement… ou dans la bouffe qui bronzent pendant la cuisson… ils pénètrent dans notre corps, se mêlent à notre propre flore et un vrai melting pot se crée en nous, nous sommes plus cosmopolites qu’une grande métropole, nous sommes une zone d’échange !!!
Et l’argent… à travers combien de mains ça a du passer avant d’atterrir dans les miennes !
A chaque fois qu’on me rend la monnaie, j’imagine le parcours de cette pièce...
Un morveux enrhumé qui éternue, un liquide verdâtre lui sort du nez, il cherche, en vain, un mouchoir et puis…hop! ni vu ni connu, il essuie d’un mouvement machinal de la main, puis il se souvient qu’il doit acheter le pain, il paye avec cette pièce… le relais est passé… l’épicier prend la relève… un mec vient acheter du yaourt, l’épicier lui rend la monnaie, et la pièce passe entre les mains de ce type, qui, j’ai oublié de le préciser, a la fâcheuse manie de jouer avec son zizi et vient juste de finir sa branlette, puis il payera avec cette même pièce son journal du dimanche. Le vendeur de journaux, surpris aux toilettes, sortira sans se laver les mains et la transmettra à un autre type, qui payera avec son cappuccino et ainsi de suite jusqu’à ce que, par une conjoncture cosmique, cette pièce se retrouve entre mes mains.
Cette putain de pièce infestée jusqu'au trognon m'était donc destinée?
Mais elle ne s’arrêtera sûrement pas à moi, elle se chargera encore de mes microbes pour parasiter d’autres victimes…
Même dans l’air, je les vois, ils se déplacent toujours en horde, pour nous envahir plus rapidement et ils ne font que baiser à longueur de journée pour faire des gosses, qui instinctivement sont programmés à parasiter encore et encore !
Baiser pour parasiter ! Voila la vie d’un microbe !
Combattons les bactéries, les virus, les champignons et tout autre peuple lilliputien ! Voila à quelle cause nous devons nous rallier, Humains !
23 mars 2006
Madame Naziha se cultive
Ah cette chère Madame Naziha…
Figurez vous qu’elle a changé. Oui, Madame Naziha a fini par comprendre que pour être encore plus « in », il ne faut pas paraître gourde ! Même si on l’est…
Elle a enfin décidé de prendre son avenir à deux mains et d’arrêter d’être la potiche de son mari dans ses cocktails, certes amusants, mais non moins routiniers.
Madame Naziha se passionne désormais pour l’Art.
A l’age de 57 ans, elle s’est soudainement découverte une passion déraisonnée pour la peinture. Un art bien choisi, puisque son talent est laissé à l’appréciation de chacun.
Madame a pris quelques cours de peinture avec un professeur particulier (je dirais même plus, très particulier) qui lui a appris des concepts de base, mais assez pour que Madame Naziha se sente désormais l’âme d’un Dali.
Madame Naziha peint ! Encore mieux, Madame Naziha expose, dans une galerie tunisienne très cotée de la banlieue où l’on peut admirer des tableaux aussi farfelus les uns que les autres, ce qui pourrait sûrement expliquer le prix exorbitant de ces œuvres de Maître.
Une femme en sari marchant dans une rue de Sidi Bou Saïd, une Nature Morte mais qu’on n’a vraiment pas du tout envie de réanimer, une forme humaine nue affalée sur une dormeuse, sa main lui tenant la tête, rêvant certainement à ces 40 kg en moins et d’autres tableaux d’une originalité qui laisse perplexe. Quelle imagination débordante !
Pour son vernissage, le tout Tunis a fait le déplacement. Car le tout Tunis a également compris que se retrouver au milieu de tableaux pour discuter mondanités, c’est plus en vogue !
Un défilé de voitures, de fausses blondes, a-t-on besoin de le préciser, artificielles, accompagnées de leurs portefeuilles à la moustache bien taillée, un cigare pendant a leur bouche, qui font aussi office de maris, ou pour celles, plus extraverties, d’amants.
Quelques toasts et des rafraîchissements pour rehausser une ambiance d’une superficialité qui frise le ridicule, et voilà notre Madame Naziha expliquant à ses chers visiteurs le traditionalisme post moderne du conservatisme néo constitutionnel de ses toiles (dans l’ordre que chacun désire, l’expression passe toujours).
Bien entendu, quand on est ami avec Madame Naziha, on achète ses tableaux. Même si on n’aime pas, on fait semblant d’aimer. Et plus c’est cher, plus ça vaut la peine d’être acheté.
Madame Naziha explique cela par la complexité de son tableau… Oui c’est dur de colorier à l’aquarelle sans dépasser les traits au crayon !
Madame Naziha se plaît à coller des étiquettes VENDU sur certains de ses tableaux, car plus ses visiteurs voient de tableaux vendus, plus ils ont envie d’acheter pour être aussi mondains que les mondains.
Le circuit d’achève par le livre d’or à la sortie sur lequel on griffonne des « Bravo Mme Naziha », « Beaucoup de talent » et autres expressions à faire jouir un impuissant.
Nos visiteurs rentrent enfin chez eux, 1000 DT en moins dans leurs comptes en banque, qui déjà n’en contenait pas tant (car rappelons le tout tunisien qui se respecte vit bien au dessus de ses moyens en cultivant le paraître), mais avec le sentiment d’avoir, le temps d’une exposition, côtoyé les hautes sphères de l’élite intellectuelle.
Quant à Madame Naziha, artiste peintre, elle repart avec ses dinars et l’illusion d’avoir marqué son nom dans la postérité.
Figurez vous qu’elle a changé. Oui, Madame Naziha a fini par comprendre que pour être encore plus « in », il ne faut pas paraître gourde ! Même si on l’est…
Elle a enfin décidé de prendre son avenir à deux mains et d’arrêter d’être la potiche de son mari dans ses cocktails, certes amusants, mais non moins routiniers.
Madame Naziha se passionne désormais pour l’Art.
A l’age de 57 ans, elle s’est soudainement découverte une passion déraisonnée pour la peinture. Un art bien choisi, puisque son talent est laissé à l’appréciation de chacun.
Madame a pris quelques cours de peinture avec un professeur particulier (je dirais même plus, très particulier) qui lui a appris des concepts de base, mais assez pour que Madame Naziha se sente désormais l’âme d’un Dali.
Madame Naziha peint ! Encore mieux, Madame Naziha expose, dans une galerie tunisienne très cotée de la banlieue où l’on peut admirer des tableaux aussi farfelus les uns que les autres, ce qui pourrait sûrement expliquer le prix exorbitant de ces œuvres de Maître.
Une femme en sari marchant dans une rue de Sidi Bou Saïd, une Nature Morte mais qu’on n’a vraiment pas du tout envie de réanimer, une forme humaine nue affalée sur une dormeuse, sa main lui tenant la tête, rêvant certainement à ces 40 kg en moins et d’autres tableaux d’une originalité qui laisse perplexe. Quelle imagination débordante !
Pour son vernissage, le tout Tunis a fait le déplacement. Car le tout Tunis a également compris que se retrouver au milieu de tableaux pour discuter mondanités, c’est plus en vogue !
Un défilé de voitures, de fausses blondes, a-t-on besoin de le préciser, artificielles, accompagnées de leurs portefeuilles à la moustache bien taillée, un cigare pendant a leur bouche, qui font aussi office de maris, ou pour celles, plus extraverties, d’amants.
Quelques toasts et des rafraîchissements pour rehausser une ambiance d’une superficialité qui frise le ridicule, et voilà notre Madame Naziha expliquant à ses chers visiteurs le traditionalisme post moderne du conservatisme néo constitutionnel de ses toiles (dans l’ordre que chacun désire, l’expression passe toujours).
Bien entendu, quand on est ami avec Madame Naziha, on achète ses tableaux. Même si on n’aime pas, on fait semblant d’aimer. Et plus c’est cher, plus ça vaut la peine d’être acheté.
Madame Naziha explique cela par la complexité de son tableau… Oui c’est dur de colorier à l’aquarelle sans dépasser les traits au crayon !
Madame Naziha se plaît à coller des étiquettes VENDU sur certains de ses tableaux, car plus ses visiteurs voient de tableaux vendus, plus ils ont envie d’acheter pour être aussi mondains que les mondains.
Le circuit d’achève par le livre d’or à la sortie sur lequel on griffonne des « Bravo Mme Naziha », « Beaucoup de talent » et autres expressions à faire jouir un impuissant.
Nos visiteurs rentrent enfin chez eux, 1000 DT en moins dans leurs comptes en banque, qui déjà n’en contenait pas tant (car rappelons le tout tunisien qui se respecte vit bien au dessus de ses moyens en cultivant le paraître), mais avec le sentiment d’avoir, le temps d’une exposition, côtoyé les hautes sphères de l’élite intellectuelle.
Quant à Madame Naziha, artiste peintre, elle repart avec ses dinars et l’illusion d’avoir marqué son nom dans la postérité.
16 mars 2006
Hija de la luna
La lune a toujours été un vrai mystère pour moi…
Quand j’étais petite, comme tout enfant de mon âge qui n’avait pas ce qu’il voulait, j’avais des périodes de tristesse profonde, je m’isolais dans un coin et je pleurais…
Etrangement, à chaque fois, je me retrouvais à côté d’une fenêtre, il faisait toujours nuit et la lune m’observait… C’est bien l’impression qu’elle me donnait.
Elle était témoin de ma tristesse et j’avais même fini par penser qu’elle éprouvait un malin plaisir à me voir dans cet état.
Et en fait, avec le temps, j’ai entretenu ce rapport avec la lune… Ce n’était plus elle qui m’observait quand j’allais mal mais moi qui allait vers elle dans ces moments de solitude.
C’est peut-être un moyen pour moi de trouver un responsable à toutes mes peines, car on doit toujours blâmer quelqu’un de ce qui nous arrive.
Chacun de nous a besoin de son « punshing ball » et la lune me convient bien, autant blâmer cet astre lointain sur qui je ne peux pas agir et que je peux insulter tranquillement, sans crainte de dérapages.
Jusqu’à aujourd’hui, quand je ne suis pas bien, c’est vers la lune que je me tourne, et au risque de paraître un peu folle (ce que je suis déjà pour la plupart de mes lecteurs), je communique avec elle…
Je lui parle de mes problèmes, même si au fond, je sais qu’elle les connaît déjà puisque c’est à cause d’elle… Tout est à cause d’elle… elle fait en sorte que je sois triste pour mieux rire de moi.
J’aimerais penser qu’elle ne fait que me voir évoluer, patauger, me relever… J’aimerais penser que je suis la seule qu’elle aime observer de cette manière.
Je n’ose même pas imaginer ma Lune en voyeuse interplanétaire, qui s’amuserait à rire de tout le monde. Non c’est MA vie et seulement MA vie qui doit l’intéresser… il ne peut en être autrement !
Ma Lune me paraît encore plus diabolique et méchante quand le ciel est nuageux : les nuées noirâtres qui la traversent, ces zones d’ombres formant parfois des figures surprenantes, ça lui donne un air plus « héroïque », ma Lune devient justicière de la nuit…
Mais je l’aime ma Lune, même si elle ne cherche qu’à se nourrir de ma tristesse.
Car ma Lune à moi est différente, elle n’a que des yeux pour me voir et des oreilles pour m’entendre.
Elle ne me parle pas mais elle m’écoute et m’observe.
Au fond, n’est-ce pas tout ce dont j’ai besoin ?
Quand j’étais petite, comme tout enfant de mon âge qui n’avait pas ce qu’il voulait, j’avais des périodes de tristesse profonde, je m’isolais dans un coin et je pleurais…
Etrangement, à chaque fois, je me retrouvais à côté d’une fenêtre, il faisait toujours nuit et la lune m’observait… C’est bien l’impression qu’elle me donnait.
Elle était témoin de ma tristesse et j’avais même fini par penser qu’elle éprouvait un malin plaisir à me voir dans cet état.
Et en fait, avec le temps, j’ai entretenu ce rapport avec la lune… Ce n’était plus elle qui m’observait quand j’allais mal mais moi qui allait vers elle dans ces moments de solitude.
C’est peut-être un moyen pour moi de trouver un responsable à toutes mes peines, car on doit toujours blâmer quelqu’un de ce qui nous arrive.
Chacun de nous a besoin de son « punshing ball » et la lune me convient bien, autant blâmer cet astre lointain sur qui je ne peux pas agir et que je peux insulter tranquillement, sans crainte de dérapages.
Jusqu’à aujourd’hui, quand je ne suis pas bien, c’est vers la lune que je me tourne, et au risque de paraître un peu folle (ce que je suis déjà pour la plupart de mes lecteurs), je communique avec elle…
Je lui parle de mes problèmes, même si au fond, je sais qu’elle les connaît déjà puisque c’est à cause d’elle… Tout est à cause d’elle… elle fait en sorte que je sois triste pour mieux rire de moi.
J’aimerais penser qu’elle ne fait que me voir évoluer, patauger, me relever… J’aimerais penser que je suis la seule qu’elle aime observer de cette manière.
Je n’ose même pas imaginer ma Lune en voyeuse interplanétaire, qui s’amuserait à rire de tout le monde. Non c’est MA vie et seulement MA vie qui doit l’intéresser… il ne peut en être autrement !
Ma Lune me paraît encore plus diabolique et méchante quand le ciel est nuageux : les nuées noirâtres qui la traversent, ces zones d’ombres formant parfois des figures surprenantes, ça lui donne un air plus « héroïque », ma Lune devient justicière de la nuit…
Mais je l’aime ma Lune, même si elle ne cherche qu’à se nourrir de ma tristesse.
Car ma Lune à moi est différente, elle n’a que des yeux pour me voir et des oreilles pour m’entendre.
Elle ne me parle pas mais elle m’écoute et m’observe.
Au fond, n’est-ce pas tout ce dont j’ai besoin ?
12 mars 2006
Interruption momentanée de l'activité
Nous interrompons momentanément l'activité de ce blog qui sera temporairement redirigé vers celle de Jaddi Gattuso pour les besoin d'une vengeance qui s'est faite ressentir...
Certaines personnes ne comprennent malheureusement que ce langage... :-)
Bonne lecture... surtout si Tarek! :-)
Bataille Rangée : L'Empire contre attaque
Certaines personnes ne comprennent malheureusement que ce langage... :-)
Bonne lecture... surtout si Tarek! :-)
Bataille Rangée : L'Empire contre attaque
07 mars 2006
Podophobia

J’ai un problème avec les pieds ! C’est pire qu’un problème, c’est une phobie…
Oui, j’ai la phobie des pieds ! Et je l’assume pleinement.
Ca a commencé, en fait, par une incompréhension vis-à-vis des pieds. Tout me paraît bizarre chez eux, à commencer par les orteils !
Pourquoi des orteils ?
Pourquoi on n’aurait pas des palmes?
A quoi servent-ils ces orteils ?
Et surtout le dernier, le tout petit, minuscule chez certains, on a l’impression qu’il s’excuse d’exister. Il est tout recroquevillé et replié sur lui-même, l’air de dire « faites pas attention à moi, chui juste là, comme ça… »
Mais, il a beau vouloir passer inaperçu, ben c’est toujours lui qui cogne en premier la table ou la chaise quand on marche pieds nus ! Et en plus, cet enfoiré, il fait super mal !
Alors, comme orteil invisible, j’ai connu mieux ! C’est plutôt « faites pas attention à moi mais je vais vous pourrir la vie »…
Le pire, chez ce petit orteil, c’est l’ongle !
Déjà, impossible à couper sans que tu t’enlèves un bout de peau avec.
Et, chez certaines personnes, l’ongle c’est tout sauf un ongle, un petit gribouillis tout dur, aux nuances jaunâtres. Comme si, lors de notre conception, c’est par là qu’on a fini de nous tracer. Le coup de pinceau final, comme le bout d’une crotte en tourbillon (c’est plus fort que moi !!).
En plus, chez nous, les femmes, pour mettre du vernis sur l’ongle minuscule de l’orteil minuscule, bonjour la galère : c’est comme vouloir peindre la couille droite d’une fourmi.
A part ça, le pied en lui-même est rebutant…cette forme d’obus et surtout quand tu vois que certaines personnes ont des pieds de Hobbit, des pieds plats avec des poils qui sortent de partout et des orteils qui vont dans tous les sens.
Mais c’est plus fort que moi, je ne supporte pas la vision des pieds, et encore moins celle de leur contact.
Même quand la personne porte des chaussettes super propres, impossible qu’elle me touche avec ses pieds. Et je ne supporte même pas de porter les chaussures d’une autre personne!
Alors, bien sûr, en été, quand tout le monde se met à ses tongs…c’est le musée des horreurs !
Je passe mon temps à regarder les pieds des gens, et je ne supporte pas voir un gros orteil qui dépasse tous les autres.
Ya un truc aussi que je supporte pas, c’est les gens qui parlent en bougeant les orteils, les doigts de pied en éventail ça me tue !!
Mais alors, quand je m’imagine tous les champignons que peut recéler un pied, ça me donne carrément envie de gerber. Surtout ces espaces entre les orteils, le havre de paix des champignons, bien au chaud, tranquilles, un vrai camp de vacances.
Bon, promis, bientôt j’irais voir un toubib…
03 mars 2006
Madame N. : Au commencement...
Vous vous souvenez sûrement de la chère Madame « je pète dans la soie », qui parlait « français » dans ses soirées mondaines. Nous l’appellerons Madame Naziha (un prénom typique de bourge tunisienne).
Madame Naziha est très riche. Contrairement à Dame Nature, qui lui a offert 120 kg d’amas graisseux équitablement distribués sur toute la surface de son corps, la vie l’a bien gâtée sur le plan matériel.
Il faut dire qu’elle a un peu forcé le destin. Son mari, elle ne l’a pas connu au détour d’une rue, dans un café ou à la sortie d’une pièce de théâtre, mais à travers le speed dating made in Tunisia : tu entres avec un gâteau, tu ressors avec une femme.
En ce temps là, Mademoiselle Naziha était une jeune fille, qui se cherchait.
Elle coulait ces interminables heures d’école à regarder le prof, comme on regarde un aquarium, émerveillée par une intelligence qu’elle n’aura jamais. C’est certain, ils vivaient dans deux mondes parallèles.
Tous ces chiffres et ces mots enchaînés dans une suite illogique, ça ne passait même pas à travers le filtre de sa cervelle. Ca sortait directement par un canal
« déchets » (la nature fait si bien les choses).
Ses parents avaient fini par se rendre à l’évidence : cette troisième enfant n’était toujours pas l’espoir tant attendu de la famille.
On lui avait alors fait connaître un cousin lointain, d’une mocheté digne d’un portrait de Picasso, un type « cubique », c’est le mot !
Mademoiselle Naziha était, il faut le signaler, « baisable », malgré la bouée de graisse qu’elle portait autour de la taille et la cellulite qui formait des vagues à faire pâlir de jalousie les plus grands surfeurs.
On ne pouvait pas en dire autant de son « Cube », il était et restera laid. Un thon !
Mais l’argent a cette magie qui vous transforme un rat d’égouts en étalon pur sang arabe.
Elle n’était pas obligée de le regarder quand ils feraient l’amour, si tant est qu’ils aient une vie sexuelle.
Le sexe, c’est désuet devant toutes les ouvertures sociales que vous offre l’argent.
Une pirouette de temps à autre pour satisfaire quelques pulsions primaires et puis voila.
Surtout que, pour lui dire des mots doux, quand elle se sentait l’âme romantique, elle n’était pas obligée d’être sincère. Dire, c’est une chose, penser ce qu’on dit, c’est tout autre chose…
Elle accepta bien sûr… et lui, s’empressa d’en faire de même, de peur que sa cécité provisoire ne finisse par guérir.
Un mariage, où il ne manquait plus qu’une partie de « torchade de cul » aux billets de 30 DT, tant le faste ne laissait pas indifférent. Et voila notre souillon, Mademoiselle Naziha, transformée en Madame Naziha, reine des folles nuits de Tunis.
Madame porte la fourrure comme un militaire porte l'uniforme. Quand on la voit on ne peut s’empêcher de penser que ça vaut bien les trois visons et deux renards sacrifiés. Sur eux, ça ne donnait pas le même effet, ça passait trop inaperçu.
Chez ses amis, sevrés au caviar et au champagne, elle se sent dans son monde. Elle nourrit ses conversations d’éclats de rires (hypocrites, cela va sans dire). Elle enchaîne cigarette sur cigarette, et débat toujours sur des questions existentielles : « Où passer ses prochaines vacances quand on a fait le tour du globe ? », « A quand la nouvelle Série 7 de chez BMW ? ».
Mais Madame sait poser ses questions de manière dramatique et affectée, on compatirait presque.
Décidemment, nous n’avons pas les mêmes valeurs…
Madame Naziha est très riche. Contrairement à Dame Nature, qui lui a offert 120 kg d’amas graisseux équitablement distribués sur toute la surface de son corps, la vie l’a bien gâtée sur le plan matériel.
Il faut dire qu’elle a un peu forcé le destin. Son mari, elle ne l’a pas connu au détour d’une rue, dans un café ou à la sortie d’une pièce de théâtre, mais à travers le speed dating made in Tunisia : tu entres avec un gâteau, tu ressors avec une femme.
En ce temps là, Mademoiselle Naziha était une jeune fille, qui se cherchait.
Elle coulait ces interminables heures d’école à regarder le prof, comme on regarde un aquarium, émerveillée par une intelligence qu’elle n’aura jamais. C’est certain, ils vivaient dans deux mondes parallèles.
Tous ces chiffres et ces mots enchaînés dans une suite illogique, ça ne passait même pas à travers le filtre de sa cervelle. Ca sortait directement par un canal
« déchets » (la nature fait si bien les choses).
Ses parents avaient fini par se rendre à l’évidence : cette troisième enfant n’était toujours pas l’espoir tant attendu de la famille.
On lui avait alors fait connaître un cousin lointain, d’une mocheté digne d’un portrait de Picasso, un type « cubique », c’est le mot !
Mademoiselle Naziha était, il faut le signaler, « baisable », malgré la bouée de graisse qu’elle portait autour de la taille et la cellulite qui formait des vagues à faire pâlir de jalousie les plus grands surfeurs.
On ne pouvait pas en dire autant de son « Cube », il était et restera laid. Un thon !
Mais l’argent a cette magie qui vous transforme un rat d’égouts en étalon pur sang arabe.
Elle n’était pas obligée de le regarder quand ils feraient l’amour, si tant est qu’ils aient une vie sexuelle.
Le sexe, c’est désuet devant toutes les ouvertures sociales que vous offre l’argent.
Une pirouette de temps à autre pour satisfaire quelques pulsions primaires et puis voila.
Surtout que, pour lui dire des mots doux, quand elle se sentait l’âme romantique, elle n’était pas obligée d’être sincère. Dire, c’est une chose, penser ce qu’on dit, c’est tout autre chose…
Elle accepta bien sûr… et lui, s’empressa d’en faire de même, de peur que sa cécité provisoire ne finisse par guérir.
Un mariage, où il ne manquait plus qu’une partie de « torchade de cul » aux billets de 30 DT, tant le faste ne laissait pas indifférent. Et voila notre souillon, Mademoiselle Naziha, transformée en Madame Naziha, reine des folles nuits de Tunis.
Madame porte la fourrure comme un militaire porte l'uniforme. Quand on la voit on ne peut s’empêcher de penser que ça vaut bien les trois visons et deux renards sacrifiés. Sur eux, ça ne donnait pas le même effet, ça passait trop inaperçu.
Chez ses amis, sevrés au caviar et au champagne, elle se sent dans son monde. Elle nourrit ses conversations d’éclats de rires (hypocrites, cela va sans dire). Elle enchaîne cigarette sur cigarette, et débat toujours sur des questions existentielles : « Où passer ses prochaines vacances quand on a fait le tour du globe ? », « A quand la nouvelle Série 7 de chez BMW ? ».
Mais Madame sait poser ses questions de manière dramatique et affectée, on compatirait presque.
Décidemment, nous n’avons pas les mêmes valeurs…
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